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Indicateur 24, la veille sur les compétences, les métiers et les emplois : la marche à suivre, étape par étape

Pour l'indicateur 24, vous délimitez vos secteurs d'intervention, vous choisissez quelques sources fiables, vous fixez un rythme que vous tiendrez, vous consignez ce que vous trouvez, vous le diffusez à vos équipes et vous montrez ce que vous en avez fait. Le libellé ne s'arrête pas à la veille : il demande d'en exploiter les enseignements, et c'est cette dernière étape qui décide de votre conformité. Voici la procédure complète, avec ce que produit chaque étape.

Comment met-on en place la veille de l'indicateur 24 ?

Vous délimitez vos secteurs d'intervention, vous choisissez quelques sources fiables, vous fixez un rythme que vous tiendrez, vous consignez ce que vous trouvez, vous le diffusez à vos équipes et vous montrez ce que vous en avez fait. Six étapes, dont la dernière est la seule qui fasse vraiment la différence en audit.

Le libellé complet mérite d'être lu en entier, parce qu'il contient une exigence que les dossiers oublient : « Le prestataire réalise une veille sur les évolutions des compétences, des métiers et des emplois dans ses secteurs d'intervention et en exploite les enseignements. » Le niveau attendu confirme : démontrer la mise en place de la veille et son impact éventuel sur les prestations.

Cette exigence commande la gravité de l'écart. Une veille absente donne une non-conformité majeure, à lever sous trois mois. Une veille bien tenue mais jamais exploitée donne une mineure, à lever sous six mois. Autrement dit, un classeur rempli d'articles n'est pas une demi-conformité : c'est un écart à part entière.

Une précision utile si vous préparez votre premier audit : les nouveaux entrants doivent seulement démontrer la mise en place de la veille. L'impact sur les prestations sera examiné à l'audit de surveillance.

Étape 1 : délimiter vos secteurs d'intervention

C'est l'étape que tout le monde saute, et elle conditionne le reste. L'indicateur ne demande pas une veille sur le monde du travail en général, mais sur vos secteurs d'intervention.

Écrivez donc noir sur blanc les domaines que vous couvrez réellement : les filières de votre catalogue, les métiers auxquels vos formations préparent, les bassins d'emploi de vos apprenants. Un organisme qui forme à la logistique et au management ne suit pas les mêmes évolutions.

Ce périmètre tient en cinq lignes, et il vous fait gagner un temps considérable : il écarte les trois quarts de l'information disponible, et il justifie devant l'auditeur pourquoi vous suivez ces sources-là et pas d'autres.

Étape 2 : choisir vos sources

Quatre familles de sources couvrent l'indicateur, et il n'est pas nécessaire d'en avoir beaucoup. Trois ou quatre sources suivies régulièrement valent mieux que quinze abonnements dont vous n'ouvrez rien.

  • Les sources publiques : France compétences, France Travail pour les statistiques et les enquêtes sur les métiers en tension, la Dares, le Céreq.
  • Les sources sectorielles : l'observatoire prospectif des métiers de votre branche, les études de votre opérateur de compétences, les fédérations professionnelles de votre domaine.
  • Les sources éditoriales : la presse professionnelle de votre secteur, les revues techniques, les lettres d'information spécialisées.
  • Les sources de terrain : les retours de vos entreprises partenaires, les besoins exprimés lors des analyses de besoin, le devenir de vos anciens apprenants.

Cette dernière famille est la plus riche et la moins exploitée. Un employeur qui vous dit qu'il ne recrute plus sans telle compétence vous donne une information de veille, à condition que vous la notiez quelque part.

Consignez vos choix dans un document simple : la source, ce qu'elle vous apporte, à quelle fréquence elle publie, et qui la suit chez vous.

Étape 3 : fixer un rythme que vous tiendrez

Aucune fréquence n'est imposée par le référentiel. Ni trimestrielle, ni mensuelle, ni annuelle. Ce qui vous engage, c'est le rythme que vous annoncez.

C'est le piège le plus courant sur cet indicateur : une procédure qui promet une revue mensuelle alors que trois revues ont eu lieu dans l'année crée un écart entre votre engagement et votre pratique, et l'auditeur le relève immédiatement. Une revue semestrielle annoncée et tenue vaut mieux qu'une revue mensuelle affichée et abandonnée.

Choisissez donc le rythme le plus lent qui reste crédible pour votre activité, et accrochez-le à un moment qui existe déjà dans votre calendrier : une réunion pédagogique, une revue de direction, la préparation de la rentrée.

Étape 4 : consigner ce que vous trouvez

La collecte ne prouve rien tant qu'elle n'est pas datée. Un dossier de fichiers téléchargés ne permet pas de démontrer une régularité, parce que rien n'y indique quand vous avez lu quoi.

Le format le plus simple est une fiche par période, sur une page, qui répond à trois questions : quelle compétence apparaît ou disparaît dans vos métiers, quel secteur recrute ou ralentit, et quelle évolution concerne directement une de vos formations. Indiquez la date, la source et, pour chaque constat, ce qu'il implique.

Cette fiche est la pièce que l'auditeur ouvrira en premier. Elle vaut mieux qu'un dossier de vingt articles, parce qu'elle montre que quelqu'un a lu et trié.

Étape 5 : diffuser à vos équipes

La diffusion des connaissances acquises au personnel figure explicitement parmi les éléments de preuve. Elle se fait comme vous voulez, à condition qu'il en reste une trace.

Les formes qui fonctionnent sont les plus ordinaires : un point à l'ordre du jour d'une réunion pédagogique, avec le compte rendu et la feuille d'émargement ; un message envoyé à vos formateurs avec la fiche en pièce jointe ; un dépôt dans un espace partagé auquel vos équipes accèdent réellement.

Un détail qui compte : la diffusion vise vos intervenants, y compris externes, et pas seulement l'équipe administrative. Ce sont eux qui adapteront les contenus.

Étape 6 : montrer ce que vous en avez fait

Voici l'étape qui décide de votre conformité, et celle que presque tous les dossiers traitent en dernier, quand il est trop tard pour produire quoi que ce soit.

L'auditeur cherche une chaîne complète : un constat de veille, une décision, une modification visible. Peu importe l'ampleur de la modification. Un module dont le contenu a été actualisé, un prérequis revu, un exemple remplacé, une formation retirée du catalogue parce que le métier a disparu : tout cela démontre l'exploitation.

La méthode la plus sûre consiste à écrire la décision au moment où vous la prenez, dans la fiche de veille elle-même, avec la date et la personne responsable. Trois lignes suffisent.

Formulation utile : « Constat : les employeurs de la filière exigent désormais la maîtrise de tel outil. Décision : ajouter une séquence d'une demi-journée dans le module 3. Responsable : [nom]. Échéance : prochaine session. » Lorsque la session a eu lieu, le programme modifié devient votre preuve.

Si aucun constat n'a entraîné de changement sur une période donnée, écrivez-le également, et dites pourquoi. Une veille qui conclut qu'aucune évolution ne justifie de modifier vos contenus est une veille exploitée, à condition que cette conclusion soit écrite.

Les preuves que les dossiers oublient

Trois éléments de preuve figurent explicitement dans le référentiel et n'apparaissent presque jamais dans les dossiers, alors qu'ils sont faciles à produire.

Les participations. Conférences, colloques, salons professionnels de votre secteur. Conservez le programme, l'attestation de participation ou simplement la confirmation d'inscription, et notez ce que vous en avez retenu.

Les adhésions à des réseaux professionnels. Fédération, groupement d'organismes, réseau de branche, club d'entreprises. Le justificatif d'adhésion et les comptes rendus de rencontres suffisent.

Les abonnements. Revues professionnelles, lettres d'information sectorielles. La facture ou la confirmation d'abonnement documente votre accès à la source.

Ces trois pièces ont un avantage : elles existent déjà chez vous, il suffit de les classer au bon endroit.

Ne mélangez pas les trois veilles du critère 6

Le critère 6 comporte plusieurs veilles, et les confondre coûte cher des deux côtés : un dossier unique, présenté à chaque fois, laisse un indicateur sans preuve propre.

L'indicateur 23 porte sur la veille légale et réglementaire du champ de la formation professionnelle. Les textes qui encadrent votre activité, vos obligations de prestataire, les évolutions du droit de la formation.

L'indicateur 24, celui qui nous occupe, porte sur les compétences, les métiers et les emplois de vos secteurs d'intervention. Il ne parle pas de vos obligations, mais du contenu de ce que vous enseignez et du marché du travail auquel vous préparez.

L'indicateur 25 porte sur les innovations pédagogiques et technologiques, c'est-à-dire sur votre façon de former, pas sur ce que vous formez.

La règle pratique tient en une question : ce constat concerne-t-il mes obligations, mon métier d'enseignant ou le métier de mes apprenants ? La réponse désigne l'indicateur. Un article sur une réforme du financement relève du 23, une étude sur les compétences attendues dans la logistique relève du 24, un retour d'expérience sur la classe virtuelle relève du 25.

Rien ne vous empêche de tenir une seule veille et un seul rythme de revue. Mais classez vos fiches par indicateur, sans quoi vous vous retrouverez à chercher, la veille de l'audit, quel document sert à démontrer quoi. Trois dossiers, trois fiches, la même réunion : c'est la solution la plus économique.

Le tableau de la procédure

ÉtapeCe qu'elle produitQui la tient
Délimiter vos secteursUne page décrivant votre périmètre de veilleLa direction
Choisir vos sourcesLa liste des sources suivies et de leur apportLe référent qualité
Fixer le rythmeUne fréquence écrite, accrochée au calendrierLa direction
ConsignerUne fiche datée par période, une pageLa personne chargée de la veille
DiffuserCompte rendu, message ou dépôt tracéLe référent qualité
ExploiterLa décision écrite et le contenu modifiéLe responsable pédagogique

Le cas du formateur indépendant

La procédure ne change pas, elle se réduit. Vos secteurs d'intervention sont ceux de vos deux ou trois formations, vos sources tiennent en une poignée, et la diffusion se transforme en une note pour vous-même, datée.

L'exploitation, en revanche, reste exactement aussi exigeante : vous devez pouvoir montrer qu'un constat de veille a fait évoluer un de vos contenus. C'est le seul point sur lequel la taille de la structure ne change rien.

Organiser votre veille avec Workbots Formations

La difficulté pratique de cet indicateur tient rarement à la collecte, elle tient à la trace : lire est facile, prouver qu'on a lu, diffusé et agi l'est moins. C'est ce que le logiciel Workbots prend en charge.

Le module de veille couvre quatre catégories, dont une consacrée aux métiers, ce qui correspond exactement au périmètre de cet indicateur, et il permet de consigner l'exploitation de chaque élément suivi plutôt que de se limiter à l'archiver. Les autres catégories, légale, innovation pédagogique et handicap, couvrent les indicateurs voisins du même critère.

Pour la diffusion, les courriels envoyés sont archivés et horodatés avec leur statut de délivrance et d'ouverture, ce qui constitue la preuve la plus simple à produire, et des modèles réutilisables évitent de réécrire le même envoi à chaque période. Le module Améliorations permet de suivre les décisions issues de la veille avec un responsable, une priorité et un statut, et les automatisations déclenchées sur une date planifiée créent la tâche ou le rappel qui vous évite de manquer une échéance de revue.

Les fiches et les pièces justificatives, programmes de colloques, attestations de participation, justificatifs d'adhésion, se déposent dans la gestion documentaire, avec recherche et export en PDF. Enfin, l'Auditeur IA génère un dossier de preuves indicateur par indicateur.

À retenir : l'indicateur 24 ne s'arrête pas à la veille, il demande d'en exploiter les enseignements. Une veille absente donne une non-conformité majeure, une veille jamais exploitée donne une mineure. Écrivez donc la décision au moment où vous la prenez, avec sa date et son responsable : c'est la pièce qui manque à presque tous les dossiers, et c'est celle que l'auditeur cherche.

Pour aller plus loin, l'article Indicateur 24 Qualiopi : les preuves de veille à fournir à l'auditeur détaille les documents acceptés. La page dédiée à l'indicateur 24 récapitule l'ensemble des exigences du critère 6.

Questions fréquentes

À quelle fréquence faut-il réaliser sa veille ?
Aucune fréquence n'est imposée par le référentiel. C'est le rythme que vous annoncez dans votre procédure qui vous engage, et l'auditeur vérifie que vous le tenez. Une revue semestrielle annoncée et respectée vaut donc mieux qu'une revue mensuelle affichée et abandonnée au printemps. Choisissez le rythme le plus lent qui reste crédible pour votre activité, et accrochez-le à une réunion qui existe déjà.
Peut-on utiliser la même veille pour les indicateurs 23, 24 et 25 ?
Vous pouvez tenir une seule démarche et un seul rythme de revue, mais chaque indicateur doit avoir ses propres pièces. Le 23 porte sur vos obligations réglementaires, le 24 sur les métiers de vos apprenants, le 25 sur vos méthodes pédagogiques. Un dossier unique présenté trois fois laisse deux indicateurs sans preuve. Trois fiches issues de la même réunion règlent la question.
Que faire si la veille n'a débouché sur aucun changement ?
Écrivez-le, et dites pourquoi. Une veille qui conclut qu'aucune évolution ne justifie de modifier vos contenus reste une veille exploitée, à condition que cette conclusion soit datée et consignée. Ce qui est sanctionné, c'est le silence : des documents collectés sans qu'aucune trace n'indique ce que vous en avez tiré. C'est le cas qui donne une non-conformité mineure.
Les retours d'une entreprise partenaire comptent-ils comme veille ?
Oui, et c'est souvent la source la plus riche. Un employeur qui vous signale qu'il ne recrute plus sans telle compétence vous livre une information de veille directement utile. La condition est de la consigner : date, interlocuteur, constat, et ce que vous en faites. Sans trace écrite, cet échange n'existe pas pour l'auditeur, si pertinent soit-il.

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