Les pièces obligatoires pour l'indicateur 24

L'indicateur 24 du référentiel Qualiopi exige une veille sur les évolutions des compétences, des métiers et des emplois. Pour le prouver, vous devez fournir un ensemble de documents qui attestent à la fois de la réalisation de cette veille et de sa diffusion aux équipes. Voici la liste des pièces obligatoires, avec leur forme attendue et leur fraîcheur.
La synthèse périodique de veille
Le document central est une synthèse qui compile les informations recueillies. Elle peut prendre la forme d'un rapport écrit, d'une fiche de veille, d'un tableau de bord ou d'une infographie. L'auditeur attend une mise à jour régulière : au moins une fois par trimestre, idéalement tous les mois. La synthèse doit couvrir trois domaines : les compétences émergentes, les métiers en tension ou en déclin, et les tendances de l'emploi dans votre secteur. Chaque édition doit être datée et signée ou validée par le responsable qualité ou le directeur.
Ce que l'auditeur y cherche : une preuve de l'activité de veille elle-même. Il vérifie que les sources sont variées (observatoires, enquêtes, publications professionnelles, données de France Travail, etc.) et que les informations sont analysées, pas simplement copiées. Si votre synthèse se limite à un lien vers une page web, elle sera jugée insuffisante.
La preuve de diffusion aux équipes
La veille ne doit pas rester dans un tiroir. Vous devez démontrer qu'elle a été communiquée aux formateurs, aux responsables pédagogiques et aux autres parties prenantes. Les preuves acceptées sont : un compte rendu de réunion d'équipe, un envoi de mail avec accusé de réception, une publication sur un intranet ou un outil collaboratif, ou une présentation lors d'un temps collectif. La diffusion doit être contemporaine de la synthèse : un écart de plus de deux semaines peut être questionné.
Ce que l'auditeur y cherche : la traçabilité. Il veut voir un flux établi : une date d'envoi, une liste de destinataires, un ordre du jour de réunion, une émargement de participants. Une simple mention « diffusé oralement » sans trace écrite ne suffit pas.
La trace d'exploitation dans les formations
L'étape finale est la preuve que la veille a eu un impact sur vos actions de formation. Cela peut être une mise à jour de programme, l'ajout d'un module, une adaptation de pédagogie, ou l'achat de nouveaux équipements. Le lien entre la veille et la modification doit être explicite : par exemple, un extrait du programme de formation modifié, accompagné d'une note mentionnant « suite à la veille du mois de mars 2025, nous avons intégré le module sur l'IA générative ».
Ce que l'auditeur y cherche : la cohérence. Il compare la date de la veille, la date de la modification, et le contenu. Si votre veille parle de l'évolution des métiers du numérique mais que vous n'avez changé aucun programme, l'auditeur considérera que la veille reste sans effet.
Les pièces recommandées pour renforcer votre dossier
Au-delà des pièces obligatoires, certains documents sont fortement recommandés car ils démontrent une démarche structurée et pérenne. Ils ne sont pas exigés par le référentiel, mais ils facilitent l'audit et évitent les questions.
Un plan de veille formalisé
Un document qui décrit votre méthode : fréquence, sources, responsables, canaux de diffusion. Il peut être annuel ou semestriel. L'auditeur y voit une organisation professionnelle, pas une veille improvisée.
Une grille d'analyse des sources
Un tableau qui liste les observatoires, les sites, les publications que vous consultez, avec une évaluation de leur fiabilité. Cela montre que vous ne vous contentez pas d'une seule source.
Un historique des veilles archivées
Conserver les synthèses des douze derniers mois, même si vous ne les diffusez plus. L'auditeur peut demander à voir l'évolution sur un an. Avoir un classeur ou un dossier numérique bien rangé est un atout.
Cas concret : comment un CFA a préparé son audit sur l'indicateur 24

Prenons l'exemple de l'AFPA de Lyon, qui a passé son audit de surveillance en janvier 2025. Voici comment ils ont constitué leur dossier.
Ils ont d'abord mis en place un cycle de veille mensuel, avec une fiche-type comprenant : une synthèse de 2 pages, un tableau des sources (France Travail, observatoire des métiers du numérique, études de l'OPCO Atlas), et une partie « décisions prises ». Chaque fiche était envoyée par mail à l'équipe pédagogique le premier lundi du mois, avec accusé de lecture. Ensuite, ils ont créé un tableau de bord partagé sur un outil collaboratif, où chaque formateur pouvait commenter. Enfin, ils ont archivé toutes les fiches dans un classeur numérique, avec un sommaire et des dates.
Lors de l'audit, le certificateur a demandé à voir la fiche du mois de septembre 2024. Elle a été présentée en 30 secondes. L'auditeur a vérifié la date, la signature du responsable, et la trace de diffusion (le mail avec les destinataires). Il a ensuite demandé à voir un exemple de modification de programme. L'AFPA a montré un module sur la cybersécurité ajouté en octobre 2024, avec une note de bas de page « suite à la veille de septembre 2024 ». L'auditeur a validé l'indicateur sans réserve.
Ce cas illustre l'importance de la régularité, de la traçabilité et de l'impact concret. Sans ces trois éléments, même une veille riche peut être rejetée.
Ce que l'auditeur examine dans chaque pièce
Pour chaque pièce, l'auditeur a un regard précis. Voici un tableau récapitulatif qui distingue ce qui est obligatoire, recommandé, et ce qui est souvent contesté.
| Pièce | Statut | Fraîcheur attendue | Point de contrôle |
|---|---|---|---|
| Synthèse de veille | Obligatoire | Moins de 3 mois | Sources variées, analyse, signature |
| Preuve de diffusion | Obligatoire | Dans les 2 semaines | Destinataires, date, support |
| Trace d'exploitation | Obligatoire | Liée à la veille | Lien explicite entre veille et modification |
| Plan de veille | Recommandé | Annuel | Méthode, fréquence, responsables |
| Grille des sources | Recommandé | Mise à jour régulière | Variété, fiabilité |
| Archives des veilles | Recommandé | 12 mois | Classement, cohérence |
Les pièces les plus souvent oubliées

Lors des audits, plusieurs pièces sont fréquemment absentes. Les voici, pour que vous ne les oubliiez pas.
La preuve de diffusion pour les équipes non permanentes
Beaucoup d'organismes diffusent la veille aux formateurs en CDI, mais oublient les intervenants vacataires ou les formateurs occasionnels. L'auditeur peut demander à voir la liste de diffusion complète. Prévoyez un envoi à tous les intervenants qui animent des sessions, même ponctuelles.
La datation explicite sur chaque document
Une synthèse sans date, un mail sans horodatage, un programme sans millésime : l'auditeur ne peut pas les rattacher à une période. Utilisez toujours des dates lisibles (jour/mois/année) et évitez les formats ambiguës.
Le lien entre veille et action
Certains organismes font une veille de qualité, mais ne prouvent pas qu'elle a eu un impact. Si vous n'avez pas modifié de programme, vous pouvez montrer une décision de ne rien changer, mais il faut la documenter. Par exemple, une note « après analyse de la veille de mars, nous maintenons le programme actuel car aucune évolution significative n'est identifiée ».
L'archivage des veilles antérieures
L'auditeur peut demander à voir la veille des six derniers mois, pas seulement la dernière. Si vous avez supprimé les anciennes versions, vous ne pouvez pas prouver la régularité. Conservez un historique complet.
En résumé, pour l'indicateur 24, privilégiez une veille régulière, documentée, diffusée et exploitée.
Avec un logiciel comme Workbots, votre veille métier tient dans un seul module : vous y ajoutez vos articles au fil de vos lectures, un assistant IA vous aide à les analyser, et l'onglet Exploitation transforme chaque information retenue en action datée, avec ses preuves rattachées. Vos veilles s'archivent au fil des mois, ce qui vous donne l'historique que l'auditeur demande quand il remonte sur six mois.
Un échange court avec un expert peut vous aider à vérifier votre dossier avant l'audit.
