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Indicateur 31, le traitement des réclamations et des aléas : quelles preuves fournir à l'auditeur ?

Pour l'indicateur 31 du référentiel Qualiopi, l'auditeur attend trois types de preuves obligatoires : une procédure écrite de traitement des réclamations, un registre de suivi et les réponses apportées aux réclamants. Vous devez également démontrer que vous tenez compte des réclamations dans votre démarche d'amélioration continue. Certaines pièces, comme la preuve d'un médiateur ou le traitement des aléas de formation, sont souvent oubliées mais exigées lors des audits.

Indicateur 31 Qualiopi : que recouvre exactement le traitement des réclamations et des aléas ?

L'indicateur 31 du référentiel Qualiopi, rattaché au critère 7 sur l'amélioration continue, porte sur la gestion des réclamations et des aléas. Il ne se limite pas à la simple existence d'une adresse mail de contact. L'auditeur vérifie que vous disposez d'un système structuré pour recueillir, traiter et répondre aux insatisfactions, et que vous en tirez des enseignements pour améliorer vos prestations. Ce point évalue votre capacité à transformer un signal faible en action corrective.

Le référentiel distingue deux notions : la réclamation, qui émane d'un apprenant, d'un financeur ou d'un partenaire, et l'aléa, qui désigne tout événement imprévu perturbant le déroulement de la formation (absence d'un formateur, panne technique, changement de salle, etc.). L'indicateur 31 vous demande de prouver que vous traitez l'un et l'autre de manière organisée et traçable.

Les cinq pièces obligatoires que tout auditeur demande

Lors d'un audit de certification ou de surveillance, le certificateur examine un ensemble de documents précis. Voici la liste des pièces que vous devez impérativement présenter.

1. La procédure écrite de gestion des réclamations et des aléas

C'est le document socle. Il décrit les étapes de traitement, de la réception jusqu'à la clôture. L'auditeur y cherche une chronologie claire : qui reçoit la réclamation, dans quel délai l'accusé de réception est envoyé, qui instruit le dossier, comment la décision est notifiée, et comment l'information remonte dans l'instance d'amélioration continue. Ce document doit être daté et signé, avec un numéro de version. Prévoyez une fraîcheur maximale : une procédure de moins d'un an est idéale. Si la vôtre date de la première certification, mettez-la à jour avant l'audit.

2. L'accusé de réception et les réponses aux réclamations

Pour chaque réclamation reçue, vous devez avoir envoyé un accusé de réception au réclamant. L'auditeur en vérifie l'existence et la complétude : date, objet, numéro de dossier, délai prévisionnel de traitement. La réponse finale doit être formalisée par écrit (courrier, mail, courrier recommandé) et conservée avec la réclamation. La fraîcheur attendue est celle de la période d'audit : trois à six mois d'archives minimum. Si vous n'avez reçu aucune réclamation, vous devez le prouver avec une attestation sur l'honneur ou un extrait de registre vide, et expliquer comment vous encouragez les retours.

3. Le registre ou tableau de suivi des réclamations

L'auditeur exige une vision consolidée de l'ensemble des réclamations reçues. Ce registre peut être un fichier Excel, un module de votre logiciel de gestion, ou un cahier numéroté. Il doit mentionner pour chaque réclamation : un numéro unique, la date de réception, l'objet, le statut (en cours, traité, clos), la date de réponse, et le lien vers l'action corrective éventuelle. La fraîcheur minimale est de deux ans glissants, car l'auditeur peut remonter jusqu'à la dernière certification. Si votre registre ne couvre que l'année en cours, il sera jugé insuffisant.

4. La preuve de l'information sur la médiation

L'indicateur 31 impose que vous informiez vos apprenants de l'existence d'un médiateur de la consommation ou d'un médiateur sectoriel. L'auditeur vérifie que cette information figure dans le livret d'accueil, le règlement intérieur, ou sur votre site web. Il n'est pas obligatoire d'avoir un médiateur sous contrat, mais vous devez indiquer les coordonnées de la médiation compétente pour votre activité (par exemple le médiateur de l'éducation et de la formation pour les organismes certifiés Qualiopi). Conservez une capture d'écran de l'information affichée, datée et horodatée. Cette pièce est valable sans date de péremption, mais mettez-la à jour si les coordonnées changent.

5. Le bilan annuel des réclamations avec les actions correctives

L'auditeur ne se contente pas d'un suivi passif. Il veut voir que les réclamations alimentent votre démarche d'amélioration continue. Présentez un document de synthèse annuel qui liste les réclamations reçues, les tendances identifiées, les causes racines, et les actions mises en œuvre. Ce bilan doit être daté et présenté en commission qualité ou en réunion de direction. La fraîcheur attendue est l'année N-1 par rapport à l'audit. Si votre premier bilan date de l'année de l'audit, il peut être accepté à condition qu'il couvre au moins six mois de données.

Les pièces recommandées, qui font la différence

Au-delà du socle obligatoire, certaines bonnes pratiques renforcent votre dossier et évitent les questions de l'auditeur.

Le formulaire de réclamation accessible en ligne ou en version papier facilite le recueil des retours. Il n'est pas exigé par le référentiel, mais sa présence prouve que vous cherchez à capter les insatisfactions plutôt que de les subir. Veillez à ce qu'il soit simple, rapide à remplir, et accessible depuis votre site ou votre espace apprenant.

Les preuves de communication interne sur les réclamations sont un plus. Un compte rendu de réunion d'équipe qui mentionne le traitement d'une réclamation, un mail de diffusion d'une procédure mise à jour, ou un affichage dans les locaux montrent que l'information circule. L'auditeur vérifie ainsi que le traitement des réclamations n'est pas un silo.

Le traitement des aléas fait souvent défaut. Si vous êtes un centre de formation d'apprentis ou un organisme avec des sessions en présentiel, documentez les incidents types : absence d'un formateur remplacé, panne de matériel, problème d'accès. Une fiche aléas avec une procédure de réaction rapide et une trace de l'information donnée aux apprenants est un atout. Même sans obligation explicite, l'auditeur s'appuie sur l'esprit du critère 7 pour demander des preuves de gestion des imprévus.

Les pièces que les organismes oublient le plus souvent

Certains documents sont régulièrement absents des dossiers d'audit. Le premier oubli est la preuve d'envoi de l'accusé de réception. Les organismes conservent la réponse finale, mais pas l'accusé de réception initial. Or l'auditeur veut voir que le réclamant a été informé de la prise en charge de sa demande dès réception. Deuxième oubli : le bilan annuel des réclamations. Beaucoup présentent un simple listing sans analyse ni actions correctives. Troisième oubli : l'information sur la médiation. Elle est souvent noyée dans des documents génériques sans preuve de consultation par les apprenants. Quatrième oubli : le traitement des aléas. L'organisme se concentre sur les réclamations formelles et néglige les incidents du quotidien. Enfin, les preuves de remontée d'information vers l'instance qualité manquent. Le registre existe, mais il n'est pas lié à un compte rendu de réunion de direction ou à un plan d'action qualité.

Cas concret : comment organiser ses pièces en pratique ?

Prenons l'exemple d'un organisme de formation qui prépare son audit de surveillance. Il reçoit trois réclamations dans l'année : un retard d'envoi de convocation, un problème de qualité du support de cours, et un désaccord sur une évaluation. Voici comment constituer les preuves.

Pour chaque réclamation, l'organisme imprime ou exporte l'accusé de réception envoyé par mail, la réponse finale, et l'enregistrement dans le registre. Il ajoute une fiche de synthèse annuelle qui liste les trois cas, identifie la cause racine (processus de convocation non automatisé pour la première, formateur non formé au support pour la seconde, grille d'évaluation imprécise pour la troisième) et décrit les actions correctives (automatisation des envois, plan de formation des formateurs, mise à jour des grilles). Il joint le compte rendu de la réunion d'équipe où ces actions ont été validées. Enfin, il imprime la page du site web qui mentionne le médiateur, avec la date de capture d'écran.

Ce dossier, rangé dans un classeur par numéro de réclamation avec un sommaire, répond aux attentes de l'auditeur en moins de dix minutes de consultation.

Comment présenter ces preuves à l'auditeur ?

La forme compte autant que le fond. L'auditeur consulte vos documents sur place. Privilégiez un dossier numérique organisé par indicateur, avec un fichier PDF pour chaque pièce. Utilisez des noms de fichier explicites : « 2025_Reclamation_001_Accuse_Reception.pdf », « 2025_Bilan_Reclamations_VF.pdf ». 

Avec un logiciel comme Workbots, votre registre des réclamations est intégré : vous y enregistrez chaque réclamation avec son objet, sa priorité et son délai de traitement, puis vous la faites avancer de « Nouvelle » à « Clôturée ». Vous y consignez l'action corrective menée et vous y joignez vos pièces justificatives, accusé de réception compris. Vos procédures qualité, dont celle du traitement des réclamations, sont par ailleurs générées et versionnées dans le logiciel.

Les captures d'écran de votre tableau de bord sont acceptées, à condition qu'elles soient datées et lisibles.

Pour le registre, évitez un simple listing texte. Présentez-le sous forme de tableau comprenant les colonnes suivantes : numéro, date de réception, objet, statut, date de réponse, action corrective associée. L'auditeur veut pouvoir lire rapidement l'état d'avancement. Si vous utilisez un fichier Excel, créez une mise en forme conditionnelle pour les statuts.

Les erreurs à éviter absolument

Plusieurs écueils reviennent lors des audits. Le premier est l'absence totale de réclamation. Aucun organisme ne peut prétendre n'avoir jamais reçu la moindre insatisfaction sur une période de deux ans. Si c'est votre cas, l'auditeur soupçonne un problème de recueil. Préférez une politique active de sollicitation des retours, avec un questionnaire de satisfaction systématique, même si cela génère des réclamations.

Deuxième erreur : confondre réclamation et simple commentaire. Un apprenant qui écrit « la salle était trop petite » n'est pas une réclamation si vous ne lui avez pas demandé une évaluation. Vous devez qualifier chaque retour : si c'est une demande d'amélioration, vous pouvez la traiter en aléa. Si c'est une insatisfaction exprimée, elle doit être enregistrée comme réclamation.

Troisième erreur : ne pas archiver les preuves de réponse. Un mail de réponse perdu équivaut à une absence de réponse. Conservez un dossier par réclamation avec tous les échanges. La purge des boîtes mail peut vous coûter un non-conformité sur l'indicateur 31.

Articuler l'indicateur 31 avec les autres indicateurs du critère 7

L'indicateur 31 s'inscrit dans un ensemble. Il est lié à l'indicateur 32 (suivi des indicateurs de performance) et à l'indicateur 33 (mise en œuvre des actions d'amélioration). Les réclamations doivent alimenter vos indicateurs de performance et vos plans d'action. Si une réclamation récurrente apparaît (par exemple des retards de paiement), vous devez la faire remonter dans le suivi des indicateurs. L'auditeur observe la cohérence d'ensemble : une réclamation isolée peut être traitée seule, mais une tendance doit déclencher une action d'amélioration continue documentée dans l'indicateur 33.

Pensez donc à créer un lien explicite entre votre registre des réclamations et votre plan d'action Qualiopi. Par exemple, dans la colonne « action corrective » du registre, renvoyez au numéro d'action du plan d'amélioration continue. Une simple mention « action 3.2 du plan qualité » suffit à créer la passerelle.

Pour approfondir, consultez Indicateur 31, le traitement des réclamations et des aléas : de quoi parle-t-on exactement ? qui détaille la définition des concepts clés. La page de rubrique Indicateur 31, le traitement des réclamations et des aléas vous offre une vue d'ensemble des exigences.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une réclamation et un aléa dans Qualiopi ?
Une réclamation est une insatisfaction exprimée par un apprenant, un financeur ou un partenaire. Un aléa est un événement imprévu perturbant le déroulement de la formation, comme une absence de formateur ou une panne technique. L'indicateur 31 vous demande de traiter les deux de manière traçable.
Faut-il absolument avoir reçu une réclamation pour valider l'indicateur 31 ?
Non, vous pouvez prouver que vous n'en avez reçu aucune, mais l'auditeur vérifiera que vous avez mis en place des moyens pour recueillir les retours. L'absence totale de réclamation sur une longue période peut être suspecte. Il est recommandé de solliciter activement les apprenants via des questionnaires.
Quel délai maximum pour répondre à une réclamation ?
Le référentiel Qualiopi n'impose pas de délai précis. Vous devez fixer un délai dans votre procédure et le respecter. Un délai de 15 jours ouvrés pour un accusé de réception et de 30 jours pour une réponse motivée est une pratique courante.
Comment prouver l'information sur la médiation ?
Vous devez conserver une preuve que vous informez les apprenants de l'existence du médiateur de la consommation ou de la formation. Une capture d'écran de votre site web ou du livret d'accueil, datée et horodatée, fait foi. Assurez-vous que les coordonnées sont à jour.
Que faire si j'ai perdu les preuves de traitement d'une ancienne réclamation ?
L'auditeur peut remonter jusqu'à deux ans. Si vous avez perdu les preuves, reconstituer un dossier avec les échanges encore disponibles. Sinon, expliquez votre processus actuel et montrez que vous avez corrigé le défaut d'archivage. Mieux vaut anticiper avec un logiciel de gestion centralisé.
Les aléas de formation doivent-ils être traités obligatoirement ?
Oui, dans l'esprit du critère 7, les aléas sont attendus car ils impactent la qualité de la prestation. Si vous ne documentez pas la gestion des aléas, l'auditeur peut noter un écart. Une fiche aléas simple avec la procédure de réaction et la communication aux apprenants est suffisante.

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