Qu’est-ce que le FIFPL ?
Le FIF PL, ou Fonds interprofessionnel de formation des professionnels libéraux, est un fonds d’assurance formation, un FAF, agréé par l’État. Il finance la formation continue des travailleurs indépendants qui exercent une profession libérale, à partir de la contribution à la formation professionnelle qu’ils versent chaque année et que collecte l’Urssaf.
Le FIF PL n’est ni un OPCO ni un ancien OPCA. Les opérateurs de compétences financent la formation des salariés ; les fonds d’assurance formation financent celle des non-salariés. Le FIF PL est l’un de ces fonds, aux côtés de l’Agefice pour les dirigeants du commerce, de l’industrie et des services, du FAF-PM pour les médecins libéraux et du FAFCEA pour les chefs d’entreprise artisanale.
Pour un organisme de formation, le FIF PL est donc le financeur à connaître dès que ses apprenants sont des libéraux indépendants : consultants, formateurs, avocats, architectes, infirmiers, kinésithérapeutes, ostéopathes, psychologues, et bien d’autres.
Élément 1 : des professionnels libéraux non salariés
Le FIF PL s’adresse aux professionnels inscrits à l’Urssaf en tant que travailleurs indépendants libéraux, y compris les micro-entrepreneurs qui déclarent une activité libérale. Chaque profession est identifiée par son code NAF, et c’est ce code qui détermine les règles de prise en charge.
Plusieurs publics relèvent d’un autre financeur. Les médecins libéraux dépendent du FAF-PM, et leur développement professionnel continu passe par l’ANDPC. Les salariés d’un cabinet libéral relèvent de l’OPCO de la branche. Les commerçants et les artisans relèvent respectivement de l’Agefice et du FAFCEA.
Le premier réflexe, pour un organisme de formation, est donc de demander à chaque apprenant son statut et son code NAF. C’est ce qui dit à quel fonds il doit s’adresser.
Le périmètre est large : il couvre les professions libérales réglementées, comme les avocats, les architectes, les infirmiers ou les kinésithérapeutes, mais aussi les activités libérales non réglementées, comme le conseil, la formation ou le coaching, dès lors qu’elles sont exercées en indépendant.
Élément 2 : une contribution à jour
Le droit à financement repose sur la contribution à la formation professionnelle, la CFP, que chaque travailleur indépendant verse avec ses cotisations. Pour les professions libérales, elle représente 0,25 % du plafond annuel de la Sécurité sociale pour la plupart des indépendants, et 0,2 % du chiffre d’affaires pour les micro-entrepreneurs libéraux.
Le professionnel justifie de sa contribution par une attestation de l’Urssaf, qu’il joint à sa demande. Sans contribution à jour, pas de prise en charge, quelle que soit la qualité de la formation.
Un professionnel qui démarre son activité doit aussi vérifier qu’il a bien commencé à contribuer. Un micro-entrepreneur, par exemple, ne verse la contribution que s’il a déclaré un chiffre d’affaires. Le plus simple, pour l’organisme de formation, est de rappeler cette pièce dès le premier échange, avant même l’envoi du devis.
Élément 3 : des critères fixés chaque année, profession par profession
Le FIF PL publie chaque année les critères de prise en charge de chaque profession : les thèmes de formation retenus, le plafond annuel par professionnel et, souvent, un plafond par jour de formation. Ces critères sont décidés par les représentants de chaque profession au sein du fonds.
Les budgets annuels non utilisés ne se reportent pas d’une année sur l’autre. Un professionnel qui n’a pas mobilisé son plafond en 2026 ne le retrouve pas en 2027.
Pour l’organisme de formation, la conséquence est pratique : avant de présenter une formation comme « finançable par le FIF PL », vérifiez que son thème figure dans les critères de la profession visée, pour l’année en cours.

Élément 4 : un organisme de formation certifié Qualiopi
Depuis le 1er janvier 2022, le FIF PL ne prend en charge que les formations dispensées par un organisme certifié Qualiopi, conformément à l’obligation qui s’applique à tous les fonds publics et mutualisés. L’organisme doit aussi disposer d’un numéro de déclaration d’activité.
La certification ne suffit pas toujours. Pour certaines prises en charge, notamment les actions collectives, le FIF PL passe par des appels à projets, et un organisme certifié doit y répondre comme les autres.
Élément 5 : une demande déposée en ligne, dans les délais
Il existe deux voies. Dans la prise en charge individuelle, c’est le professionnel qui dépose sa demande dans son espace en ligne, paie l’organisme de formation, puis se fait rembourser par le FIF PL. Dans la prise en charge collective, c’est l’organisme de formation qui sollicite une convention de financement pour un groupe de professionnels, et le FIF PL le règle directement en fonction des participants réellement présents.
Pour une demande individuelle, le dépôt se fait de préférence avant le début de la formation. Les règles du FIF PL acceptent un dépôt jusqu’à dix jours calendaires après le premier jour ; au-delà, la demande est irrecevable.
Informez vos apprenants libéraux de ce délai dès leur inscription. Une demande déposée trop tard ne se rattrape pas, et c’est souvent l’organisme de formation que le professionnel en tient pour responsable.
Élément 6 : l’attestation unique, signée par l’organisme
Pour être remboursé, le professionnel transmet après la formation une attestation unique, sur le modèle du FIF PL, remplie et signée par l’organisme de formation. Elle mentionne l’identité du stagiaire, les dates, la durée en jours, demi-journées et heures, la modalité de la formation, le coût pédagogique hors taxes et toutes taxes comprises, et atteste que le stagiaire a intégralement payé.
Le FIF PL se réserve le droit de contrôler ces informations, y compris de manière inopinée, sur pièces ou sur place. Les heures portées sur l’attestation doivent donc correspondre à vos feuilles d’émargement, et le montant à votre facture.
Le modèle prévoit aussi la modalité de la formation : présentiel, e-learning ou blended learning. Pour une formation à distance, les heures attestées s’appuient sur les traces de la plateforme et sur les émargements des classes virtuelles, et non sur une durée théorique.
Le décompte en jours suit une règle précise : une journée entière correspond à au moins six heures, une demi-journée à au moins trois heures. Reportez donc les durées exactement comme le modèle les demande, sans arrondir une journée courte en journée entière.
Ce que le FIF PL et le professionnel vous demandent, dans l’ordre
Avant l’inscription, le professionnel vous demande un programme et un devis qu’il joindra à sa demande : objectifs, contenu, durée, dates, coût pédagogique. Il vous demandera souvent aussi votre numéro de déclaration d’activité et votre certificat Qualiopi.
Pendant la formation, il compte sur vous pour tenir les émargements qui prouveront sa présence, demi-journée par demi-journée.
Après la formation, il vous réclame la facture acquittée et l’attestation unique signée. Tant qu’il ne les a pas, il ne peut pas être remboursé.
Le tableau des six éléments
| Élément | Ce que dit la règle | Ce que fait l’organisme de formation |
|---|---|---|
| Le public | Libéraux indépendants, hors médecins | Il vérifie le statut et le code NAF de chaque apprenant |
| La contribution | CFP à jour, prouvée par une attestation Urssaf | Il rappelle cette pièce au professionnel |
| Les critères annuels | Thèmes et plafonds fixés par profession, sans report | Il vérifie que le thème est éligible pour l’année |
| Qualiopi | Obligatoire depuis le 1er janvier 2022 | Il fournit son certificat et son numéro de déclaration |
| La demande | En ligne, au plus tard dix jours après le premier jour | Il informe l’apprenant du délai dès l’inscription |
| L’attestation unique | Modèle du FIF PL, signé par l’organisme | Il la remplit à partir des émargements et de la facture |
Le point que tout le monde rate : le volet pédagogique seul
L’attestation unique porte sur le coût du seul volet pédagogique. Beaucoup d’organismes y reportent le montant total de leur facture, frais de repas, d’hébergement ou de supports annexes compris.
Le professionnel se retrouve alors avec une attestation qui ne correspond ni aux critères du fonds ni, parfois, à la facture qu’il a payée. Le dossier revient, et le remboursement attend.
La correction tient en une habitude : faites apparaître sur la facture une ligne distincte pour le coût pédagogique, et reportez exactement ce montant sur l’attestation unique, hors taxes et toutes taxes comprises.

Médecin, salarié de cabinet, micro-entrepreneur : qui finance quoi ?
Médecin libéral. Il relève du FAF-PM pour sa formation continue, et de l’ANDPC pour les actions de développement professionnel continu. Le FIF PL ne le prend pas en charge.
Salarié d’un cabinet libéral. Une secrétaire médicale ou un collaborateur salarié relève de l’OPCO de la branche de son employeur, comme tout salarié. Seul le professionnel libéral lui-même relève du FIF PL.
Micro-entrepreneur libéral. Il relève du FIF PL dès lors qu’il est immatriculé avec un code NAF libéral et qu’il a versé sa contribution à la formation professionnelle. Il peut aussi mobiliser son compte personnel de formation pour une formation éligible.
Par où commencer pour accueillir des libéraux financés par le FIF PL ?
Commencez par identifier les professions que vous formez, et consultez sur le site du FIF PL leurs critères pour l’année en cours : thèmes éligibles, plafonds, conditions particulières.
Reprenez ensuite vos documents : un programme complet, un devis qui isole le coût pédagogique, une facture qui en fait autant, et un modèle d’attestation unique prêt à remplir à partir de vos émargements.
Réclamez enfin à chaque apprenant libéral, dès l’inscription, son statut et son code NAF, et rappelez-lui le délai de dépôt de sa demande. Pour comparer avec les opérateurs de compétences des salariés, comme Constructys, Uniformation ou l’AFDAS, consultez notre rubrique Financement et OPCO.
Gérer vos dossiers FIF PL avec Workbots Formations
La difficulté du FIF PL tient rarement aux règles : elle tient aux pièces, à remettre à chaque professionnel, exactes et dans les temps. C’est ce que le logiciel Workbots prend en charge.
À la création de la session, vous fixez un tarif par client, y compris pour un professionnel indépendant. Le programme, la convention ou le contrat de formation, les convocations et les feuilles d’émargement sont générés, et chaque pièce se range dans le dossier de l’apprenant. Le FIF PL figure dans votre base Financeurs, avec son suivi budgétaire.
L’émargement numérique se fait par demi-journée, avec horodatage. Les heures réellement suivies sont donc disponibles au moment de remplir l’attestation unique, et la facture, numérotée et rattachée à la session, sort au format Factur-X.
Un échange de trente minutes, sur votre cas réel, vous permettra de voir comment préparer ces pièces sans ressaisie.
