Qu'est-ce que le DPC ?
Le développement professionnel continu est l'obligation de formation qui s'impose aux professionnels de santé en exercice. Chacun doit justifier, sur une période de trois ans, d'un parcours qui associe de la formation et une analyse de ses propres pratiques.
Instauré par la loi du 21 juillet 2009, dite loi HPST, puis réformé en 2016, ce dispositif vise à maintenir la qualité et la sécurité des soins.
Ce qui le distingue d'une formation classique
Le DPC ne se limite pas à transmettre des connaissances. Il demande au professionnel de regarder sa propre pratique : analyser des dossiers, participer à des groupes d'échange, revoir ses protocoles.
C'est cette dimension réflexive qui le différencie de la formation médicale continue qui l'a précédé.
Une obligation triennale, pas annuelle
Un point souvent mal compris. Le professionnel n'a pas à se former chaque année : il doit être en mesure de justifier son engagement à l'issue de chaque période de trois ans.
Cette souplesse lui permet de répartir ses actions comme il l'entend sur le triennat.
Qui est concerné par le DPC ?
Les professions soumises à l'obligation
Tous les professionnels de santé en exercice, dont les professions sont régies par le code de la santé publique.
- Les médecins, toutes spécialités confondues
- Les chirurgiens-dentistes et les sages-femmes
- Les pharmaciens et les préparateurs en pharmacie
- Les infirmiers, y compris en pratique avancée
- Les masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues et ergothérapeutes
- Les orthophonistes, orthoptistes et psychomotriciens
- Les manipulateurs en électroradiologie et techniciens de laboratoire
- Les diététiciens, opticiens-lunetiers et audioprothésistes
Qui n'est pas concerné
Les étudiants et les professionnels en cours de formation initiale.
Les professionnels qui n'exercent pas : sans activité, en congé prolongé, en recherche d'emploi.
Les personnels administratifs et techniques des établissements de santé, sauf s'ils exercent eux-mêmes une profession réglementée.
Et votre organisme ?
Le DPC ne vous concerne pas comme structure. C'est une obligation individuelle, attachée à l'exercice d'une profession de santé.
En revanche, si vous formez des soignants, c'est un marché auquel vous pouvez accéder sous conditions.
La distinction à retenir : le DPC est l'obligation du professionnel, l'enregistrement comme organisme DPC est votre porte d'entrée sur ce marché. Les deux se répondent, mais ne pèsent pas sur les mêmes épaules.
Comment un professionnel valide-t-il son obligation ?

Deux voies s'offrent à lui.
Suivre le parcours de son conseil national professionnel
Chaque profession dispose d'un conseil national professionnel qui peut recommander un parcours pluriannuel. Le professionnel qui s'y conforme satisfait à son obligation.
Combiner plusieurs types d'actions
À défaut, il doit justifier, sur le triennat, d'actions relevant d'au moins deux catégories différentes parmi les trois suivantes.
La formation continue, en présentiel ou à distance.
L'évaluation des pratiques professionnelles : revue de dossiers, groupes d'analyse, audits cliniques.
La gestion des risques : protocoles, retours d'expérience, démarches de sécurisation.
Au moins une de ces actions doit s'inscrire dans les orientations prioritaires définies pour la période.
Comment il en apporte la preuve
Ses attestations sont enregistrées sur son espace personnel, et transmises à son ordre professionnel. C'est ce dernier qui contrôle le respect de l'obligation à l'issue du triennat.
Comment devenir organisme DPC ?
Trois conditions, à remplir dans l'ordre.
Votre certification Qualiopi
Elle est le préalable. Un organisme non certifié ne peut pas déposer de demande d'enregistrement.
Votre enregistrement auprès de l'ANDPC
L'Agence nationale du DPC tient le registre des organismes habilités à délivrer des actions de DPC. Vous constituez un dossier décrivant votre structure, vos moyens et votre offre.
L'évaluation scientifique de vos actions
Une commission scientifique indépendante, propre à chaque profession, évalue la qualité et la pertinence de vos actions au regard des orientations prioritaires.
C'est cette étape qui détermine si votre programme peut être proposé, et sous quel numéro il sera référencé.
Ce que cela implique ensuite
Chaque action validée reçoit un numéro de référence, qui doit figurer sur les attestations que vous remettez aux participants.
Sans ce numéro, votre formation reste une formation classique : elle ne comptera pas dans le parcours DPC de vos stagiaires.
Ce que vos programmes doivent contenir
Un ancrage dans les orientations prioritaires
Elles sont définies pour chaque période triennale, par profession. Une formation excellente mais hors orientations ne sera pas validée.
Une méthode reconnue
Les actions de DPC s'appuient sur des méthodes validées : formation présentielle, e-learning, simulation, analyse de pratiques, audit clinique.
Votre dossier doit préciser laquelle vous mobilisez et pourquoi.
Une évaluation des acquis
Comme pour toute formation, mais avec une exigence supplémentaire : montrer en quoi l'action transforme la pratique du professionnel, pas seulement ses connaissances.
Exemple concret : une formation courte pour des infirmiers libéraux

Prenons un organisme spécialisé dans les soins palliatifs, qui souhaite s'adresser aux infirmiers libéraux.
Le constat de départ
Ces professionnels exercent seuls, avec des journées chargées. Ils cherchent des formations courtes, largement à distance, qui s'insèrent entre deux tournées.
La vérification préalable
L'organisme consulte les orientations prioritaires de la période pour la profession infirmière, et confirme que sa thématique y figure.
La construction du programme
Une séquence asynchrone pose les apports théoriques, une classe virtuelle permet l'échange entre pairs, et une analyse de situations cliniques complète le dispositif.
Cette combinaison couvre deux des trois catégories d'actions, ce qui présente un intérêt direct pour les participants.
Le dépôt
L'organisme, déjà certifié, constitue son dossier d'enregistrement auprès de l'agence, puis soumet son action à l'évaluation scientifique.
Après validation
L'action reçoit son numéro de référence. Les attestations remises aux participants le mentionnent, ce qui leur permet de l'enregistrer dans leur parcours.
Ce que cet exemple montre
Le travail se fait en amont : vérifier les orientations, construire un programme qui y réponde, et passer par l'évaluation. Une fois ces étapes franchies, la commercialisation suit un circuit classique.
Les quatre erreurs à éviter
- Croire que toute formation en santé relève du DPC. Seules les actions enregistrées et validées comptent.
- Négliger les orientations prioritaires. Une action hors orientations ne sera pas retenue.
- Omettre le numéro sur l'attestation. Sans lui, le participant ne peut pas justifier son action.
- Annoncer du DPC sans enregistrement. C'est une pratique commerciale trompeuse.
Un dispositif en évolution
Le cadre du DPC a connu plusieurs réformes depuis sa création, et des évolutions institutionnelles ont été annoncées récemment.
Si vous envisagez de vous positionner sur ce marché, vérifiez l'état des règles en vigueur auprès de l'agence et du conseil national professionnel de la profession que vous ciblez.
Les orientations prioritaires, en particulier, sont redéfinies à chaque période triennale.
Ce qu'il faut retenir
- Le DPC est une obligation triennale, pas annuelle.
- Elle concerne les professionnels de santé en exercice, à titre individuel.
- Le professionnel combine deux types d'actions parmi formation, évaluation des pratiques et gestion des risques.
- Votre certification Qualiopi est le préalable à tout enregistrement.
- Une commission scientifique évalue vos actions avant leur référencement.
- Le numéro de l'action doit figurer sur vos attestations.
Produire des formations courtes pour un public contraint
Les professionnels de santé que vous visez exercent souvent seuls, avec peu de disponibilité. Vos formations doivent être courtes, largement à distance, et produire des traces exploitables : celles que le participant enregistrera dans son parcours, et celles que vous conserverez pour vos propres contrôles.
Plusieurs fonctions de Workbots LMS répondent à ce besoin.
La création de formations avec modules et leçons structure vos séquences asynchrones, et les parcours progressifs organisent leur enchaînement. Un module conçu une fois sert à plusieurs cohortes.
Les quiz et tests intégrés portent votre évaluation des acquis, avec conservation des résultats par apprenant.
Les rapports de connexion, de progression et de résultats constituent votre traçabilité sur les séquences à distance. C'est cette donnée que vous présenterez en cas de contrôle.
La délivrance automatique de certificats produit les attestations de fin de formation, sur vos modèles personnalisés.
Pour les temps collectifs, le module de classe virtuelle connecte votre outil de visioconférence et insère le lien dans les convocations, tandis que l'émargement numérique recueille les présences par signature électronique horodatée.
Pour élargir votre catalogue vers d'autres publics, consultez nos articles Certificat de qualification professionnelle : de quoi parle-t-on exactement ? et AFPA : de quoi parle-t-on exactement ?.
Un échange de trente minutes permet d'examiner si ce marché correspond à votre offre.
