Offre limitéeTestez gratuitement pendant 7 joursCommencer
6 min de lecture

Indicateur 11, l'évaluation de l'atteinte des objectifs : de quoi parle-t-on exactement ?

L'indicateur 11 du référentiel Qualiopi porte sur l'évaluation de l'atteinte des objectifs de la prestation. Il exige de l'organisme de formation qu'il dispose d'outils d'évaluation des acquis en cours et en fin de formation, ainsi que des bilans intermédiaires permettant de mesurer la progression. Il s'applique à toutes les actions concourant au développement des compétences et vise à démontrer que chaque apprenant a bien acquis les compétences visées.

Qu'est-ce que l'indicateur 11 ?

L'indicateur 11 est un des indicateurs du critère 3 "Adaptation aux publics" du référentiel national qualité Qualiopi. Il a pour objet l'évaluation de l'atteinte des objectifs de la prestation de formation. Concrètement, il exige de l'organisme de formation qu'il mette en place des outils d'évaluation des acquis en cours et en fin de prestation, qu'il réalise des bilans intermédiaires, et qu'il prouve la délivrance de la certification visée.

À retenir : L'indicateur 11 ne se limite pas à une évaluation finale. Il impose un suivi continu de la progression de l'apprenant tout au long de la formation, matérialisé par des bilans intermédiaires et des évaluations régulières.

Le cadre réglementaire

L'indicateur 11 s'inscrit dans le référentiel national qualité publié par France Compétences. Il est applicable à toutes les prestations concourant au développement des compétences : actions de formation, bilans de compétences, actions de VAE. Son respect est vérifié lors de l'audit initial et des audits de surveillance. Le référentiel précise que l'organisme doit "mettre en œuvre l'évaluation de l'atteinte des objectifs, en cours et en fin de prestation, et réaliser des bilans intermédiaires". La preuve de délivrance de la certification doit également être conservée.

Le périmètre exact de l'indicateur 11

Ce qui est attendu

L'auditeur attendra de l'organisme qu'il démontre la mise en œuvre de trois éléments :

  • Évaluation des acquis en cours de prestation : des tests, exercices, mises en situation ou questionnaires permettant de mesurer si l'apprenant assimile les compétences au fil de la formation.
  • Évaluation des acquis en fin de prestation : une évaluation sommative qui valide l'atteinte des objectifs globaux de la formation.
  • Bilans intermédiaires : des moments formalisés (entretien individuel, fiche de suivi) où le formateur fait le point avec l'apprenant sur sa progression, ses difficultés et ajuste le parcours si nécessaire.
  • Preuve de délivrance de la certification : attestation de formation, certificat de réalisation, diplôme ou tout document officiel confirmant que l'apprenant a bien validé les compétences visées.

Ces éléments doivent être tracés et conservés dans le dossier de l'apprenant.

Ce qui n'est pas attendu

  • Un système unique d'évaluation : l'organisme est libre de choisir ses outils (quiz, QCM, mise en situation, portfolio).
  • Une évaluation externe obligatoire : l'organisme peut évaluer lui-même ses apprenants, à condition de respecter les règles de la certification si celle-ci est nationale.
  • Des bilans intermédiaires quotidiens : la fréquence doit être adaptée à la durée de la formation. Une formation d'une demi-journée n'exigera pas un bilan intermédiaire.

Tableau des types d'évaluation

TypeObjectifExemple d'outilFréquence recommandée
Évaluation en coursMesurer la progression au fil de la formationExercice pratique, QCM, jeu de rôleÀ chaque module ou journée
Bilan intermédiaireFaire le point sur le parcours de l'apprenantEntretien individuel, fiche de suiviÀ mi-parcours ou à un jalon significatif
Évaluation finaleValider l'atteinte des objectifs globauxTest complet, mise en situation réelleEn fin de prestation
Preuve de certificationAttester des compétences acquisesAttestation de formation, certificat TOSA, titre professionnelUne fois à l'issue de la formation

Articulation avec les autres indicateurs du critère 3

Le critère 3 "Adaptation aux publics" comprend également l'indicateur 10 (information et accueil des publics) et l'indicateur 12 (mobilisation des moyens humains et techniques). L'indicateur 11 est directement lié à ces deux indicateurs : l'évaluation des acquis doit tenir compte des profils des apprenants (indicateur 10) et utiliser les ressources pédagogiques adaptées (indicateur 12). Par exemple, si un apprenant a des besoins spécifiques identifiés lors de l'accueil, l'évaluation en cours peut être adaptée (temps supplémentaire, supports simplifiés). L'auditeur vérifiera cette cohérence.

À qui s'applique-t-il ?

L'indicateur 11 s'applique à tout organisme de formation, CFA, ou formateur indépendant qui demande la certification Qualiopi pour ses prestations. Il concerne les actions de formation, les bilans de compétences et les actions de VAE. En revanche, il ne s'applique pas aux prestations qui ne relèvent pas du champ de la certification Qualiopi, par exemple des prestations de conseil non liées au développement des compétences, ou des formations non professionnelles. Cependant, dès lors que l'organisme souhaite obtenir des financements publics (OPCO, CPF), il doit être certifié Qualiopi et donc respecter tous les indicateurs, dont l'indicateur 11.

Un cas concret : formation "Maîtrise d'Excel"

Prenons l'exemple d'un organisme de formation qui propose une formation "Maîtrise d'Excel" sur 3 jours (21 heures), destinée à des salariés en reconversion. Les objectifs pédagogiques sont : créer et mettre en forme des tableaux, utiliser les formules de base, réaliser des graphiques, et utiliser les filtres et tableaux croisés dynamiques.

Pour répondre à l'indicateur 11, l'organisme met en place les dispositifs suivants :

Évaluations en cours

  • Fin de la première journée : un exercice pratique sur la création de tableaux et l'utilisation des formules simples. Le formateur note les résultats sur une grille d'évaluation à quatre critères (exactitude, rapidité, autonomie, présentation).
  • Fin de la deuxième journée : un QCM de 20 questions sur les formules avancées et les graphiques, suivi d'une correction collective. Les résultats sont saisis dans le logiciel de gestion.

Bilan intermédiaire

  • À la fin du deuxième jour, le formateur organise un entretien individuel de 10 minutes avec chaque apprenant. Il utilise une fiche de suivi pré-remplie avec les résultats des évaluations en cours, et y ajoute des commentaires sur les points forts et les axes d'amélioration. Le bilan est signé par le formateur et l'apprenant.

Évaluation finale

  • Le dernier jour, un test complet en deux heures : création d'un tableau complexe avec formules, graphiques et tableaux croisés. La note minimale de 70 % valide l'atteinte des objectifs. Le test est corrigé et archivé.

Certification

  • À l'issue de la formation, chaque apprenant reçoit une attestation de formation détaillant les compétences acquises, avec la note obtenue. Si la formation est certifiante (par exemple TOSA), l'organisme remet le certificat TOSA correspondant. Une copie de l'attestation est conservée dans le dossier.

Tous les documents (grilles d'évaluation, copies des tests, comptes-rendus d'entretiens, attestations) sont archivés dans le dossier de l'apprenant, sous format papier ou numérique selon la politique de l'organisme. L'auditeur pourra ainsi vérifier la traçabilité complète.

Comment l'auditeur vérifie-t-il l'indicateur 11 ?

Lors de l'audit, le vérificateur examine les dossiers d'un échantillon d'apprenants. Il recherche :

  • La présence d'au moins une évaluation en cours et une évaluation finale.
  • Un document attestant d'un bilan intermédiaire personnalisé.
  • La copie de l'attestation ou du certificat remis.
  • La cohérence entre les objectifs pédagogiques annoncés et le contenu des évaluations.

Il peut également interroger le responsable pédagogique sur la procédure mise en place et sur la façon dont les résultats sont exploités pour améliorer la formation. L'auditeur vérifiera aussi si les évaluations sont adaptées aux publics (par exemple, en cas de handicap, l'évaluation peut être aménagée).

Les pièges à éviter

  • Absence d'évaluation intermédiaire : ne proposer qu'une évaluation finale expose à une non-conformité.
  • Bilans non individualisés : un bilan collectif ne remplace pas un suivi individuel.
  • Évaluations décorrélées des objectifs : les tests doivent mesurer précisément les objectifs annoncés.
  • Manque de traçabilité : les documents doivent être facilement accessibles et organisés, et conservés pendant les délais réglementaires.
  • Oubli de la preuve de certification : l'attestation de formation est la preuve de délivrance, même si la formation n'est pas certifiante (attestation de compétences).
  • Non-respect des droits des apprenants : les bilans intermédiaires doivent être partagés avec l'apprenant, pas seulement internes.

Outils et bonnes pratiques

Avec un logiciel comme Workbots, l'IA génère vos évaluations en même temps que votre formation : QCM ou atelier par module pour mesurer la progression, évaluation finale avec sa version corrigée, et un tableau reliant chaque objectif pédagogique à l'évaluation qui le vérifie. L'apprenant les passe directement depuis son espace personnel. Vos évaluations ne peuvent pas s'écarter de vos objectifs, puisqu'elles sont produites à partir d'eux.

Adopter une démarche structurée dès la conception de la formation vous évitera des surprises lors de l'audit et améliorera la qualité pédagogique de vos prestations. Par ailleurs, la formalisation des bilans intermédiaires permet de renforcer l'engagement des apprenants et d'ajuster le parcours en temps réel.

L'indicateur 11 est un levier pour démontrer l'efficacité de votre formation. En le maîtrisant, vous renforcez votre crédibilité auprès de vos financeurs et de vos apprenants. Si vous souhaitez vérifier la conformité de votre dispositif, un échange de 30 minutes avec un expert peut vous permettre de faire le point sur votre organisation et de sécuriser votre certification.

Questions fréquentes

Quels documents faut-il présenter à l'auditeur pour l'indicateur 11 ?
Il faut montrer les évaluations en cours et finales, les bilans intermédiaires individualisés et la preuve de délivrance de la certification (attestation ou certificat). Ces documents doivent être archivés pour chaque apprenant.
L'indicateur 11 s'applique-t-il aux formations en e-learning ?
Oui, tout à fait. Les évaluations peuvent être réalisées via des quiz en ligne, des exercices interactifs et des bilans virtuels. L'organisme doit pouvoir prouver qu'il a mis en place ces dispositifs et qu'il suit la progression de chaque apprenant.
Que faire si ma formation ne délivre pas de certification ?
Dans ce cas, une attestation de formation ou une attestation de compétences suffit, à condition qu'elle détaille les objectifs atteints. L'important est de prouver que l'apprenant a bien validé les acquis.
Un bilan intermédiaire peut-il être collectif ?
Non, un bilan intermédiaire doit être individualisé pour répondre à l'indicateur 11. Un bilan collectif peut être complémentaire mais ne remplace pas le suivi individuel. L'auditeur attend un document personnalisé.
Comment prouver que l'évaluation en cours est régulière ?
En planifiant des évaluations à chaque étape significative de la formation et en conservant les traces (copies, résultats, feedback). L'auditeur vérifiera la fréquence par rapport à la durée de la formation.
Quelle est la différence entre indicateur 11 et indicateur 12 ?
L'indicateur 12 concerne la mobilisation des moyens humains et techniques, tandis que l'indicateur 11 porte spécifiquement sur l'évaluation de l'atteinte des objectifs. Ils sont complémentaires : les moyens mobilisés (formateurs, supports) doivent permettre les évaluations de l'indicateur 11.

Pas encore certifié Qualiopi ?

Trente minutes pour comprendre votre situation et vous présenter notre accompagnement jusqu'à l'obtention de Qualiopi.