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Formation continue : de quoi parle-t-on exactement ?

La formation continue regroupe les formations suivies après la formation initiale, par les salariés, les demandeurs d'emploi, les indépendants et les agents publics. Elle sert à s'adapter, à progresser, à se qualifier ou à changer de métier. Pour l'organisme de formation, elle impose une déclaration, des documents à chaque étape et, pour les fonds publics, Qualiopi. Voici les six éléments qui la définissent, et le bon signataire de la convention.

Qu’est-ce que la formation continue ?

La formation continue, ou formation professionnelle continue, regroupe toutes les actions de formation suivies après la formation initiale, par des personnes déjà engagées dans la vie active ou qui s’y engagent : salariés, demandeurs d’emploi, travailleurs indépendants, agents publics. Elle sert à s’adapter à son poste, à développer ses compétences, à obtenir une qualification ou à changer de métier.

Elle forme, avec la formation initiale, ce que l’article L6111-1 du code du travail appelle la formation professionnelle tout au long de la vie, qualifiée d’obligation nationale. Ses principes remontent à la loi du 16 juillet 1971, et ses règles ont été profondément remaniées depuis, notamment par la loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel.

Pour un organisme de formation, la formation continue est le cœur de l’activité. C’est elle qui encadre ses obligations, de la déclaration d’activité à la certification Qualiopi.

Élément 1 : des publics déjà engagés dans la vie active

La formation continue s’adresse à toute personne sortie de la formation initiale, quel que soit son âge ou son statut :

  • les salariés du secteur privé, en CDI, CDD ou intérim ;
  • les demandeurs d’emploi, qui peuvent être orientés et financés par France Travail ou par leur région ;
  • les travailleurs indépendants, y compris les micro-entrepreneurs ;
  • les agents publics, qui relèvent de dispositifs propres à chaque fonction publique, comme le CNFPT pour la fonction publique territoriale.

La formation initiale, elle, couvre la scolarité et les études qui précèdent l’entrée dans la vie active, apprentissage compris. Un apprenti suit une formation initiale, même s’il est salarié.

Élément 2 : quatre catégories d’actions

L’article L6313-1 définit quatre catégories d’actions qui concourent au développement des compétences : les actions de formation, les bilans de compétences, les actions de validation des acquis de l’expérience et les actions de formation par apprentissage.

Dans la formation continue, l’action de formation reste la plus fréquente. Le code la définit comme un parcours pédagogique permettant d’atteindre un objectif professionnel. Elle peut viser l’adaptation au poste, le développement des compétences, une qualification reconnue ou une reconversion.

Une formation de loisir, sans objectif professionnel, sort de ce champ. Un cours de cuisine pour le plaisir n’est pas une action de formation professionnelle ; le même cours, suivi par un commis de cuisine pour progresser dans son métier, peut l’être.

Le bilan de compétences et la VAE suivent leurs propres règles, mais ils font partie du même ensemble. Un organisme qui les propose et vise les financements publics doit les faire entrer dans le périmètre de sa certification Qualiopi, qui distingue ces catégories d’actions.

Élément 3 : plusieurs modalités possibles

L’action de formation peut se dérouler en présentiel, en tout ou partie à distance, ou en situation de travail. Le code du travail permet ces trois modalités, et leur combinaison.

Quand une partie se fait à distance, l’article D6313-3-1 impose trois conditions : une assistance technique et pédagogique, une information sur les activités et leur durée moyenne, et des évaluations. Notre article sur la définition de l’e-learning détaille ce cadre.

Élément 4 : plusieurs financeurs selon le statut

Le financeur dépend du statut de l’apprenant. Un salarié peut être formé à l’initiative de son employeur, dans le cadre du plan de développement des compétences, avec un appui de l’OPCO pour les entreprises de moins de cinquante salariés. Il peut aussi mobiliser son compte personnel de formation, ou un projet de transition professionnelle.

Un demandeur d’emploi peut être financé par France Travail, sa région ou son CPF. Un travailleur indépendant passe par le fonds d’assurance formation de sa profession : le FIF PL pour les libéraux, l’Agefice pour les dirigeants du commerce et des services, le FAFCEA pour les artisans, le FAF-PM pour les médecins.

Tous ces financements publics et mutualisés ont un point commun : ils exigent que l’organisme de formation soit certifié Qualiopi.

Élément 5 : un organisme déclaré, et souvent certifié

Un organisme qui vend des actions de formation continue dépose une déclaration d’activité dans les trois mois qui suivent sa première convention. Il obtient un numéro, transmet chaque année son bilan pédagogique et financier, et perd ce numéro s’il ne le transmet pas ou s’il n’a eu aucune activité.

Pour accéder aux fonds publics et mutualisés, il doit en plus être certifié Qualiopi depuis le 1er janvier 2022. Le référentiel national qualité compte trente-deux indicateurs, et trente-trois à partir du 1er novembre 2026, avec le décret n° 2026-728 du 1er août 2026. Pour les étapes de création, consultez notre rubrique Créer son organisme de formation et notre article Organisme de formation : de quoi parle-t-on exactement ?

Élément 6 : des documents à chaque étape

Chaque action de formation continue laisse une série de documents. Avant, un programme avec objectifs, contenu, durée et prérequis, puis une convention conclue entre l’acheteur et l’organisme, ou un contrat de formation quand un particulier finance lui-même sa formation.

Pendant, des feuilles d’émargement signées par demi-journée, ou des traces de connexion pour la distance. Après, une attestation de fin de formation remise au stagiaire, qui mentionne les objectifs, la nature et la durée de l’action, ainsi que les résultats de l’évaluation des acquis, et le certificat de réalisation que demande le financeur.

La facture complète l’ensemble. Elle porte la mention qui justifie l’absence de TVA quand l’organisme en est exonéré, soit au titre de la franchise en base, soit au titre de la formation professionnelle continue avec l’attestation de la DREETS.

Ce que l’auditeur Qualiopi regarde, dans l’ordre

Il commence par l’information du public, au titre de l’indicateur 1 : vos programmes, vos prérequis, vos délais d’accès, vos tarifs, vos conditions d’accessibilité. Il regarde ensuite vos indicateurs de résultats, au titre de l’indicateur 2.

Il suit ensuite le parcours d’un apprenant : l’analyse du besoin, au titre de l’indicateur 4, les objectifs, au titre de l’indicateur 5, le positionnement à l’entrée, puis le suivi et les évaluations.

Il vérifie aussi les moyens : les compétences de vos formateurs, vos locaux ou votre plateforme, et la veille que vous menez sur votre secteur.

Il termine par l’amélioration continue : le recueil des appréciations, le traitement des réclamations et les actions d’amélioration, au titre des indicateurs 30, 31 et 32.

Le tableau des six éléments

ÉlémentCe qu’il faut savoirCe que fait l’organisme
Les publicsSalariés, demandeurs d’emploi, indépendants, agents publicsIl identifie le statut de chaque apprenant
Les catégories d’actionsFormation, bilan, VAE, apprentissageIl précise la catégorie et l’objectif professionnel
Les modalitésPrésentiel, distance, situation de travailIl respecte les conditions de chaque modalité
Les financeursEmployeur, OPCO, CPF, France Travail, région, FAFIl oriente l’apprenant vers le bon financeur
Le statut de l’organismeDéclaration d’activité, bilan annuel, QualiopiIl tient son numéro et sa certification à jour
Les documentsProgramme, convention, émargements, attestation, certificatIl les produit et les conserve pour chaque session

Le point que tout le monde rate : la convention se signe avec l’acheteur

Beaucoup d’organismes font signer la convention au salarié, ou rédigent une convention à trois avec l’entreprise et le stagiaire. Or la convention de formation se conclut entre l’acheteur et l’organisme, comme le prévoit l’article L6353-1.

Quand l’entreprise paie, c’est l’entreprise qui signe la convention. Quand un particulier finance lui-même sa formation, c’est un contrat de formation qui se conclut avec lui, avec un délai de rétractation. Le stagiaire salarié, lui, reçoit sa convocation, signe ses émargements et reçoit son attestation.

Fixez cette règle dans vos modèles : un document par type d’acheteur, et le bon signataire sur chacun.

Salarié, demandeur d’emploi, indépendant : qui finance quoi ?

Salarié. Il peut être formé à l’initiative de son employeur, mobiliser son CPF, ou engager un projet de transition professionnelle pour changer de métier. L’OPCO de la branche accompagne les entreprises, et finance le plan de développement des compétences des entreprises de moins de cinquante salariés.

Demandeur d’emploi. France Travail et les régions financent des formations, souvent achetées collectivement, et le demandeur peut aussi mobiliser son CPF. Une rémunération peut lui être versée pendant la formation, selon sa situation.

Travailleur indépendant. Il passe par le fonds d’assurance formation de sa profession, à condition d’avoir versé sa contribution à la formation professionnelle, et peut aussi mobiliser son CPF. Le cas du formateur auto-entrepreneur illustre ce statut, côté prestataire.

Par où commencer pour structurer votre offre de formation continue ?

Commencez par vos programmes. Pour chacun, vérifiez l’objectif professionnel, la catégorie d’action, la modalité, la durée, les prérequis et le public visé. C’est la base de l’information du public, et le premier document que l’auditeur ouvrira.

Reprenez ensuite vos modèles de documents : une convention pour les entreprises, un contrat pour les particuliers, des feuilles d’émargement par demi-journée, une attestation de fin de formation et un certificat de réalisation.

Réclamez enfin, à chaque inscription, le statut de l’apprenant et son financeur. C’est ce qui détermine le circuit administratif de la session.

Gérer votre formation continue avec Workbots Formations

La difficulté de la formation continue tient rarement à la pédagogie : elle tient aux documents, à produire pour chaque session, chaque apprenant et chaque financeur. C’est ce que le logiciel Workbots prend en charge.

L’IA génère la fiche pédagogique, avec ses objectifs, ses prérequis, son public et son contenu par modules, ainsi que le test de positionnement et l’évaluation finale. Le catalogue en ligne publie vos formations, avec un formulaire de préinscription qui intègre l’analyse du besoin.

À la création de la session, plus de vingt documents sont générés, conventions, contrats de formation, convocations, émargements, attestations et certificats de réalisation, et chacun se range dans le dossier de l’apprenant. Les évaluations à chaud et à froid, le module Réclamations et le module Améliorations couvrent le volet qualité, et le module BPF pré-remplit votre bilan annuel.

À retenir : la formation continue concerne toutes les personnes sorties de la formation initiale. Elle est le cœur de l’activité des organismes de formation, et elle exige une gestion rigoureuse des documents à chaque étape.

Si vous êtes en train de structurer votre offre de formation continue, un échange court avec un expert peut vous aider à vérifier que vos processus couvrent bien les exigences.

Questions fréquentes

Quelle différence entre formation initiale et formation continue ?
La formation initiale couvre la scolarité et les études qui précèdent l'entrée dans la vie active, apprentissage compris. La formation continue regroupe les formations suivies ensuite, par des salariés, des demandeurs d'emploi, des indépendants ou des agents publics. Ensemble, elles forment la formation professionnelle tout au long de la vie, que le code du travail qualifie d'obligation nationale.
Un apprenti suit-il une formation continue ?
Non. Même s'il est salarié, l'apprenti suit une formation initiale : le code du travail rattache l'apprentissage à la formation initiale. La formation par apprentissage reste toutefois l'une des quatre catégories d'actions qui concourent au développement des compétences, avec ses propres indicateurs Qualiopi.
Faut-il être certifié Qualiopi pour proposer de la formation continue ?
Pas pour exercer : la déclaration d'activité suffit. La certification Qualiopi devient obligatoire dès que vous voulez être financé par des fonds publics ou mutualisés, comme un OPCO, le CPF, France Travail, une région ou un fonds d'assurance formation. Une entreprise qui paie sur ses fonds propres peut faire appel à un organisme non certifié.
Qui signe la convention de formation pour un salarié ?
L'entreprise qui achète la formation, et non le salarié. La convention se conclut entre l'acheteur et l'organisme de formation. Le salarié reçoit sa convocation, signe ses feuilles d'émargement et reçoit son attestation de fin de formation.

Pas encore certifié Qualiopi ?

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