Offre limitéeTestez gratuitement pendant 7 joursCommencer
5 min de lecture

Indicateur 12, l'engagement et la prévention des abandons : la marche à suivre, étape par étape

L'indicateur 12 vous demande deux choses : décrire vos mesures de prévention des ruptures, et prouver que vous les appliquez. Aucun délai n'est imposé, aucun format n'est obligatoire : c'est vous qui fixez vos règles, et l'auditeur vérifie que vous les tenez. Voici la marche à suivre, étape par étape.

Étape 1 : vérifier que l'indicateur concerne vos prestations

Le libellé officiel est le suivant : « Le prestataire décrit et met en œuvre les mesures pour favoriser l'engagement des bénéficiaires et prévenir les ruptures de parcours. » Deux verbes, donc deux obligations distinctes. Décrire, et mettre en œuvre. Un organisme qui a rédigé une procédure impeccable sans aucune trace d'application est autant en écart qu'un organisme qui relance ses apprenants tous les jours sans rien écrire.

Avant de construire quoi que ce soit, regardez votre catalogue. L'indicateur 12 ne s'applique qu'aux prestations d'une durée supérieure à deux jours : une formation d'une journée ou d'une demi-journée sort de son champ. En revanche, il concerne toutes les catégories d'action, les formations comme les bilans de compétences, la validation des acquis de l'expérience et l'apprentissage.

Deuxième point à connaître avant de commencer : cet indicateur est pondéré. Une mise en œuvre partielle des mesures que vous avez vous-même définies entraîne une non-conformité mineure, que vous avez six mois pour lever. L'absence de mesures, ou des mesures décrites mais jamais appliquées, entraîne une non-conformité majeure, à lever sous trois mois. La nuance a une conséquence très concrète sur la suite : mieux vaut un dispositif modeste et réellement tenu qu'un dispositif ambitieux appliqué une fois sur trois.

Étape 2 : écrire la procédure de prévention des ruptures

Le référentiel attend une description des mesures. Pas un manuel qualité de quarante pages : un document qui répond à quatre questions simples.

  • Qui suit l'assiduité et l'activité des apprenants, nommément ou par fonction.
  • À partir de quoi ce suivi déclenche une action.
  • Qui contacte l'apprenant, par quel canal, et dans quel délai.
  • Qui décide de l'issue quand l'apprenant ne répond pas, et où cette décision est consignée.

Ce qui n'est pas exigé mérite d'être dit, parce que beaucoup d'organismes s'imposent des contraintes inutiles. Le référentiel n'impose aucun format, aucune signature du dirigeant, aucune validation par un responsable qualité, aucune procédure distincte du reste de votre documentation. Une note de deux pages intégrée à votre livret d'accueil interne fait l'affaire, à condition qu'elle décrive ce que vous faites réellement.

C'est le piège principal de cet indicateur. La procédure téléchargée sur un site spécialisé décrit une organisation qui n'est pas la vôtre, avec des rôles que personne n'occupe et des délais que personne ne tient. L'auditeur croise systématiquement le document et les traces d'exécution. Si les deux ne se répondent pas, la procédure devient une preuve à charge.

Étape 3 : fixer vos propres seuils de déclenchement

Aucun texte ne fixe de délai de relance. Ni quarante-huit heures, ni cinq jours, ni quinze jours. Ces chiffres circulent beaucoup mais ne viennent d'aucun texte réglementaire : c'est vous qui les choisissez, et l'auditeur vérifie ensuite que vous les respectez.

Choisissez donc des seuils compatibles avec vos moyens réels. Un centre de trois personnes qui promet un appel dans la demi-journée se met en difficulté tout seul. Le même centre qui écrit « nous contactons l'apprenant dans la semaine qui suit une absence non justifiée », et qui le fait, passe l'audit sans écart.

Vos signaux d'alerte dépendent de la modalité de la prestation. En présentiel, l'absence non justifiée reste le signal le plus lisible, avec le retard répété. À distance, le guide de lecture cite explicitement la plateforme pédagogique et le suivi de l'activité : absence de connexion, module commencé et jamais terminé, évaluation non rendue. En bilan de compétences ou en VAE, où le rythme est individuel, le signal est plutôt le rendez-vous décalé deux fois de suite, ou le document de travail qui n'arrive pas.

Écrivez la règle dans votre procédure, en une phrase par signal. Le reste, ce sont des décisions d'organisation, et personne ne viendra vous les contester.

Étape 4 : tenir le listing des relances

Le listing des relances est cité tel quel dans les éléments de preuve du référentiel, aux côtés de l'historique des appels et des carnets de rendez-vous. C'est la pièce qui prouve l'exécution, et c'est celle qui manque le plus souvent.

Sa forme est libre. Un tableur, un module de votre logiciel de gestion, un cahier de suivi : ce qui compte est qu'il soit tenu au fil de l'eau et qu'il permette de reconstituer un cas complet. En pratique, six colonnes suffisent.

  • L'apprenant et la session concernée.
  • La date du constat et sa nature : absence, inactivité, rendez-vous manqué.
  • La date de la relance et son canal : appel, courriel, message, entretien.
  • L'auteur de la relance.
  • La réponse de l'apprenant, ou l'absence de réponse.
  • La suite donnée : reprise du parcours, aménagement, orientation, sortie constatée.

Conservez la preuve matérielle à côté de la ligne. Un courriel archivé, horodaté, avec son statut d'envoi, vaut mieux qu'une case cochée « relancé ». Pour les appels, une note de trois lignes rédigée le jour même suffit, à condition qu'elle dise ce qui s'est échangé et non seulement qu'un appel a eu lieu.

Chaque ligne doit finir par une issue. Un listing plein de relances sans conclusion donne l'impression d'un dispositif qui détecte mais ne traite pas, ce qui est exactement le profil de la non-conformité mineure.

Étape 5 : montrer ce que vous adaptez

Le référentiel ne se contente pas des relances. Il cite aussi, parmi les preuves recevables, la variété des modalités pédagogiques, les outils qui favorisent l'implication des bénéficiaires, et la qualité de l'analyse du besoin et du positionnement à l'entrée. La logique est la suivante : un parcours mal calibré au départ produit mécaniquement des ruptures, et un parcours qui laisse le bénéficiaire passif aussi.

Aucun nombre minimum de modalités n'est exigé. Vous n'avez pas à proposer trois formats pour satisfaire l'indicateur. Ce qui compte est que la variété que vous proposez soit reliée explicitement à l'engagement : ateliers pratiques qui cassent le rythme d'un contenu théorique, séquences en petits groupes, temps d'accompagnement individuel, supports construits avec les participants, questionnaires en cours de parcours.

La preuve la plus convaincante est un cas réel. Un apprenant décroche, vous le contactez, et vous ajustez quelque chose : un passage en distanciel pour une contrainte de transport, un rattrapage individuel, un étalement du calendrier, une orientation vers un interlocuteur social. Ce cas, documenté du signal jusqu'à l'issue, démontre à lui seul les deux obligations de l'indicateur, alors qu'une liste de modalités disponibles n'en démontre aucune.

Étape 6 : traiter les situations qui ont leurs propres règles

Trois publics font l'objet de mentions particulières dans le guide de lecture, et elles sont régulièrement oubliées.

Pour les personnes en situation de handicap, la prévention des ruptures se rattache aux adaptations proposées. La question de l'auditeur est simple : quand une adaptation a été identifiée à l'entrée, qu'est-ce qui montre qu'elle a effectivement été mise en place, et qu'est-ce qui montre que vous avez vérifié qu'elle suffisait en cours de parcours.

Pour l'alternance, les preuves attendues passent par l'entreprise : contacts avec l'employeur, rencontres entre le formateur et le maître d'apprentissage ou le tuteur, traces des échanges quand une difficulté apparaît. En cas de tension sur le contrat, le médiateur consulaire de l'apprentissage prévu à l'article L6222-39 du code du travail peut être saisi, et le signaler à l'apprenti fait partie de l'accompagnement.

Pour les centres de formation d'apprentis, une grande partie du travail est déjà imposée par la loi. L'article L6231-2 du code du travail place parmi les missions du CFA l'appui aux candidats dans leur recherche d'employeur, l'accompagnement des apprentis pour prévenir ou résoudre les difficultés d'ordre social et matériel, en lien avec le service public de l'emploi, et l'accompagnement de ceux qui ont interrompu leur formation. Il prévoit aussi la possibilité, en cas de rupture du contrat, de poursuivre la formation pendant six mois pendant la recherche d'un nouvel employeur. Autrement dit, si vous êtes un CFA, vos preuves pour l'indicateur 12 sont en grande partie la trace de missions que vous exercez déjà.

Étape 7 : rassembler le dossier de preuves

Le dossier se construit au fil de l'eau, pas la veille de l'audit. Voici ce qu'il contient, et ce que chaque pièce démontre.

PièceCe qu'elle démontre
Procédure de prévention des rupturesL'obligation de décrire les mesures
Listing des relances sur la période auditéeL'obligation de mettre en œuvre
Courriels archivés, notes d'appel, comptes rendus d'entretienLa réalité des contacts consignés dans le listing
Extraits de suivi d'activité ou d'assiduitéLa détection des signaux que vous avez définis
Un ou deux parcours suivis du signal jusqu'à l'issueLa chaîne complète, du repérage à la décision
Traces des échanges avec l'entreprise, pour l'alternanceLa mention spécifique du guide de lecture

Sur la période à couvrir, retenez la logique de l'audit plutôt qu'une règle chiffrée : l'auditeur pioche dans vos sessions récentes et remonte les cas. Un listing tenu depuis le début du cycle de certification vous met à l'abri, un listing reconstitué en une soirée se repère immédiatement à l'uniformité de ses lignes.

Ce que l'indicateur 12 ne vous demande pas

Plusieurs obligations circulent à son sujet sans exister nulle part. Les écarter vous évitera du travail inutile.

  • Aucun bilan annuel des abandons n'est exigé au titre de l'indicateur 12. L'analyse des résultats et le plan d'action relèvent du critère 7, sur l'amélioration continue.
  • Aucune formation annuelle obligatoire des équipes à la détection des décrochages. La compétence des intervenants se traite aux indicateurs 21 et 22.
  • Aucun délai de relance réglementaire, aucun nombre minimum de modalités pédagogiques, aucune capture d'écran obligatoire de votre plateforme.
  • Aucune exigence de courrier recommandé avant de constater une sortie. C'est un choix de gestion, utile en cas de litige financier, pas une exigence qualité.

À l'inverse, deux exigences bien réelles passent souvent inaperçues : la mise en œuvre compte autant que la description, et les mentions spécifiques sur le handicap et l'alternance sont vérifiées dès que vous accueillez ces publics.

Le suivi et les relances dans Workbots Formations

Une bonne part de cette mécanique repose sur des gestes répétitifs : repérer qui n'a pas émargé, envoyer le message, garder la trace de l'envoi. C'est exactement ce que le logiciel Workbots prend en charge.

Le module Automatisations propose quatorze automatisations préconfigurées, dont le rappel d'émargement et l'invitation à l'espace apprenant. Chacune affiche le nombre d'envois et son statut, et peut être testée avant activation. Vous pouvez aussi construire vos propres scénarios en trois étapes, à partir des déclencheurs disponibles, apprenant inscrit, session démarrée, session terminée, document généré, évaluation reçue, émargement signé ou date planifiée, avec des actions qui vont de l'envoi d'un courriel ou d'un SMS à la création d'une tâche ou d'un rappel pour l'équipe. Chaque exécution est enregistrée avec sa date, son déclencheur, son statut et le détail des actions réalisées.

Côté preuves, tous les courriels envoyés sont archivés et horodatés, avec leur statut de délivrance et d'ouverture, ce qui alimente directement votre listing. L'émargement numérique par demi-journée fournit le signal d'assiduité, et le tableau de bord remonte les tâches en attente et les émargements manquants. Pour les parcours en ligne, le module LMS produit des rapports de connexion, de progression et de résultats, avec la distribution de la progression des apprenants et le taux de complétion, de quoi repérer un décrochage avant qu'il ne devienne une sortie.

À retenir : l'indicateur 12 ne juge pas la qualité de vos délais, il juge la cohérence entre ce que vous avez écrit et ce que vous faites. Une procédure simple, des seuils réalistes et un listing tenu au fil de l'eau suffisent à le lever. Une procédure ambitieuse sans traces d'exécution est une non-conformité assurée.

Si vous souhaitez approfondir le sujet, vous pouvez consulter notre article Indicateur 12, l'engagement et la prévention des abandons : quelles preuves fournir à l'auditeur ? ainsi que Indicateur 12 Qualiopi : engagement et prévention des abandons. La page dédiée à l'indicateur 12 rassemble également toutes les informations utiles.

La mise en œuvre de ces étapes peut être facilitée par un logiciel adapté. Pour découvrir comment automatiser le suivi et les relances, consultez la page qui présente le logiciel.

Questions fréquentes

Une formation de deux jours est-elle concernée par l'indicateur 12 ?
Non. Le champ de l'indicateur vise les prestations d'une durée supérieure à deux jours, ce qui exclut les formations de deux jours ou moins. Si votre catalogue mélange des formats courts et des parcours longs, précisez-le dans votre procédure : cela évite qu'un auditeur vous demande un listing de relances sur une journée de sensibilisation.
Un apprenant qui abandonne pour une raison personnelle me fait-il perdre l'indicateur ?
Non. L'indicateur 12 ne mesure pas votre taux d'abandon, il vérifie l'existence et l'application de vos mesures. Un abandon dont le motif est extérieur à la formation, documenté dans votre listing avec les contacts que vous avez tentés, est une preuve favorable, pas un écart. C'est l'abandon qui n'a laissé aucune trace qui pose problème.
Dois-je continuer à relancer quelqu'un qui m'a dit clairement qu'il arrêtait ?
Non, et insister n'apporterait rien à votre dossier. Consignez la décision, sa date, son motif tel que la personne vous l'a donné, et la façon dont elle vous l'a communiquée. Cette ligne clôt le cas proprement : votre dispositif a détecté, contacté et obtenu une réponse, ce qui est exactement ce que l'indicateur demande.
Puis-je noter dans mon listing qu'un apprenant a des problèmes de santé ou d'argent ?
Évitez-le, et notez plutôt le fait et l'action. Une ligne « absence justifiée par une difficulté personnelle, orientation proposée vers le référent social » suffit à prouver votre suivi, sans consigner de donnée de santé ni de situation familiale détaillée. Le principe de minimisation du RGPD s'applique à ce fichier comme aux autres, et l'auditeur n'a pas à connaître ces détails pour constater que vous avez agi.

Pas encore certifié Qualiopi ?

Trente minutes pour comprendre votre situation et vous présenter notre accompagnement jusqu'à l'obtention de Qualiopi.