Qu'est-ce qu'OPCO Mobilités ?

OPCO Mobilités est l'opérateur de compétences des métiers du transport, de la logistique et des services de l'automobile. Agréé en avril 2019 dans le cadre de la loi du 5 septembre 2018, il réunit une vingtaine de branches professionnelles et reprend une partie des champs couverts par les anciens organismes collecteurs, dont OPCA Transports et Services et l'ANFA.
Sa mission tient en quatre volets : financer l'alternance, soutenir la formation des salariés, accompagner les branches dans la définition de leurs priorités, et conseiller les entreprises qui n'ont pas de service formation.
Ce qu'il ne fait plus
La collecte. Depuis la réforme, la contribution à la formation professionnelle est recouvrée par l'URSSAF, et l'opérateur se contente de la redistribuer. Vos clients ne « cotisent » donc plus auprès de leur OPCO, même s'ils emploient encore cette formule.
Quelles branches couvre-t-il vraiment ?
Le périmètre est plus large que son nom ne le suggère, et il comporte quelques surprises.
Le transport et la logistique
- Le transport routier de marchandises et de voyageurs, avec les activités auxiliaires et le déménagement
- Les transports urbains de voyageurs
- Le transport ferroviaire, la manutention ferroviaire et les voies ferrées d'intérêt local
- Les transports maritimes et fluviaux
- Les ports, la manutention portuaire et les ports de plaisance
- Les transports sanitaires, ambulances et véhicules sanitaires légers
L'automobile et la mobilité
Les services de l'automobile, du cycle et du motocycle : garages, concessions, réparation, distribution, et l'ensemble des métiers du vélo.
Les branches qu'on n'attend pas
Trois entrées surprennent régulièrement.
Les agences de voyages et les guides accompagnateurs relèvent bien d'OPCO Mobilités, alors qu'on les rattacherait spontanément au tourisme.
La RATP y figure à titre particulier, avec un régime propre.
Les distributeurs conseils hors domicile, autrement dit les grossistes en boissons, sont également dans le périmètre.
Le secteur qui n'y est pas
Le transport aérien. Compagnies, personnel navigant, activités aéroportuaires : ces branches relèvent d'autres opérateurs, et l'erreur revient souvent.
Comment savoir si votre client en relève ?
Par sa convention collective, identifiée par son numéro IDCC, que vous trouverez sur ses bulletins de paie. Ni le nom de l'activité, ni le code NAF ne suffisent à trancher.
Quelques repères parmi les plus fréquents.
| Le métier de votre client | Sa convention collective |
|---|---|
| Transporteur routier, déménageur, loueur avec conducteur | Transports routiers et activités auxiliaires, IDCC 16 |
| Garage, concession, atelier de réparation, magasin de cycles | Services de l'automobile, du cycle et du motocycle, IDCC 1090 |
| Réseau de bus ou de tramway urbain | Transports publics urbains de voyageurs, IDCC 1424 |
| Société d'ambulances ou de transport sanitaire | Transports sanitaires, IDCC 1699 |
| Agence de voyages, tour-opérateur | Agences de voyages et de tourisme, IDCC 1710 |
L'outil CFA Dock permet de retrouver l'opérateur compétent à partir d'un IDCC ou d'un SIRET, et le site de l'opérateur propose une recherche par branche.
Le cas qui piège : une entreprise de grande distribution possède une flotte de camions et emploie des chauffeurs. Elle ne relève pas pour autant d'OPCO Mobilités, mais de l'opérateur correspondant à sa convention collective, en l'occurrence l'Opcommerce. C'est le métier de l'entreprise qui compte, pas celui du salarié formé.
Les indépendants sont-ils concernés ?
Non, et c'est une confusion fréquente sur ces secteurs. Un opérateur de compétences finance la formation des salariés, dans le cadre d'une branche professionnelle.
Un chauffeur de taxi ou de VTC qui exerce à son compte, un artisan mécanicien sans salarié, un transporteur en entreprise individuelle relèvent d'un fonds d'assurance formation, selon leur statut et leur activité.
En revanche, dès que cette même personne emploie des salariés, ceux-ci relèvent bien d'OPCO Mobilités si la convention collective appliquée entre dans son périmètre. Un même dirigeant peut donc mobiliser deux circuits distincts : l'un pour lui, l'autre pour son équipe.
Que finance OPCO Mobilités ?
L'alternance
Les contrats d'apprentissage et de professionnalisation constituent le premier poste. Les niveaux de prise en charge sont fixés par branche, et l'opérateur peut également intervenir sur certains frais annexes.
Le plan de développement des compétences
La formation des salariés en poste. Les fonds mutualisés visent prioritairement les entreprises de moins de cinquante salariés, ce qui couvre la majorité des garages et des transporteurs indépendants.
Les dispositifs de transition
L'opérateur intervient également sur la reconversion ou promotion par alternance, et peut abonder certains projets selon les priorités de branche.
L'accompagnement des entreprises
Conseil en ressources humaines, diagnostic des compétences, appui à la gestion prévisionnelle. Sur des secteurs où beaucoup d'entreprises comptent moins de dix salariés, ce volet pèse autant que le financement.
Ce qui détermine les montants
Les priorités, plafonds et conditions sont définis branche par branche, et révisés chaque année. Consultez celles applicables à votre client sur le site de l'opérateur, au moment de votre proposition.
N'annoncez jamais un montant : vous ne disposez d'aucun des éléments qui le déterminent.
Pourquoi deux mondes cohabitent-ils dans le même opérateur ?
Voici un point que peu d'articles mentionnent, et qui change pourtant votre approche commerciale.
La réparation automobile et le transport routier ont chacun construit leurs propres outils bien avant la création des OPCO, autour de deux organismes de branche qui existent toujours.
L'ANFA pour l'automobile
L'Association nationale pour la formation automobile structure la formation des services de l'automobile depuis des décennies : référentiels métiers, réseau de CFA, observatoire des qualifications.
L'AFT pour le transport et la logistique
Elle joue un rôle comparable sur le transport routier et la logistique, avec ses propres dispositifs et son réseau.
Ce que cela change pour vous
Un garage et une entreprise de transport relèvent du même opérateur, mais leurs dossiers ne suivent pas tout à fait le même chemin, et leurs dirigeants n'ont pas les mêmes réflexes ni les mêmes interlocuteurs habituels.
Si vous intervenez sur les deux univers, traitez-les comme deux marchés distincts.
Cas concret : un CFA du transport routier

Prenons un centre de formation qui prépare aux métiers de la conduite et souhaite ouvrir une session en apprentissage avec une PME de transport.
La première vérification
Le CFA demande l'IDCC de l'entreprise et confirme qu'elle relève bien de la convention des transports routiers, donc d'OPCO Mobilités.
Ce que fait l'entreprise
Elle dépose le contrat d'apprentissage auprès de l'opérateur, selon les modalités en vigueur. C'est elle qui est adhérente, elle qui contractualise.
Ce que le CFA fournit
Le programme détaillé, le coût de la formation, et son attestation Qualiopi en cours de validité. Ces pièces permettent l'instruction du dossier.
Ce que l'opérateur vérifie
La conformité du contrat, l'éligibilité de la formation, et la certification du centre. Le niveau de prise en charge est ensuite appliqué selon le barème de la branche.
Pour un salarié déjà en poste
Si la même entreprise souhaite faire passer une formation continue à un conducteur, elle dépose une demande au titre du plan de développement des compétences, avant le démarrage. Une action déjà commencée n'est pas prise en charge.
Ce que cet exemple montre
Deux dispositifs coexistent chez un même client, avec des circuits, des pièces et des délais différents. Un organisme qui travaille sur ces secteurs a intérêt à les distinguer clairement dans son organisation.
Ce qu'il faut retenir
- OPCO Mobilités couvre le transport terrestre, maritime et fluvial, les services de l'automobile, les agences de voyages et la RATP.
- Le transport aérien relève d'un autre opérateur.
- Le rattachement se vérifie par l'IDCC, jamais par le code NAF.
- Les indépendants relèvent d'un fonds d'assurance formation, pas d'un OPCO.
- L'ANFA et l'AFT structurent chacune leur univers, avec des habitudes différentes.
- Votre certification Qualiopi conditionne tout financement.
Suivre des clients aux circuits différents
Sur ces secteurs, la difficulté tient moins à la complexité qu'à la diversité : deux univers professionnels, plusieurs dispositifs, et des entreprises souvent de petite taille sans service formation.
Trois fonctions de Workbots répondent à cette contrainte.
La base Financeurs centralise vos interlocuteurs et les relie aux entreprises et apprenants concernés, avec un suivi budgétaire. Sur un portefeuille mêlant transporteurs, garages et indépendants relevant de fonds distincts, vous savez immédiatement de quel circuit dépend chaque dossier.
La base Entreprises conserve pour chaque client son SIRET, ses contacts et ses apprenants rattachés. L'IDCC vérifié une fois y reste consigné, ce qui vous évite de refaire la recherche à chaque nouvelle session.
La génération automatique des documents de session produit programme, devis, convention et convocations à partir d'une saisie unique. Face à un dirigeant de garage ou de petite entreprise de transport, qui monte son dossier entre deux interventions, recevoir toutes les pièces en un seul envoi change tout.
Pour comparer avec d'autres circuits, consultez nos articles sur l'AGEFICE et le FIF PL.
Un échange de trente minutes permet d'adapter cette organisation à votre portefeuille de clients.
