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MonFIFPL : de quoi parle-t-on exactement ?

Le MonFIFPL (Fonds interprofessionnel de formation des professionnels libéraux) est l'organisme de financement de la formation professionnelle continue des travailleurs indépendants non salariés exerçant une profession libérale. Il est géré par l'OPCO FIFPL, qui collecte et répartit les fonds issus de la contribution à la formation professionnelle. Cet article vous explique le périmètre exact du MonFIFPL, les bénéficiaires concernés, et comment un organisme de formation peut accompagner ses apprenants libéraux dans leur demande de financement.

Qu'est-ce que le FIF PL ?

Le FIF PL, Fonds Interprofessionnel de Formation des Professionnels Libéraux, finance la formation professionnelle continue des travailleurs indépendants exerçant une activité libérale. Créé en 1993 à l'initiative des représentants des professions libérales, il fonctionne comme un fonds d'assurance formation au sens du Code du travail.

Une précision essentielle, et c'est l'erreur la plus fréquente des organismes de formation : le FIF PL n'est pas un OPCO. Les OPCO financent la formation des salariés dans le cadre d'une branche professionnelle. Le FIF PL, lui, finance la formation des libéraux non salariés, à partir des contributions qu'ils versent eux-mêmes. Renvoyer un professionnel libéral vers « son OPCO » revient à l'envoyer au mauvais guichet, et fait souvent capoter le projet de formation.

Son financement repose sur la contribution à la formation professionnelle, prélevée chaque année par l'URSSAF. Elle s'élève à 0,25 % du plafond annuel de la Sécurité sociale pour un libéral classique. Ce montant modeste ouvre des droits à prise en charge nettement supérieurs, que beaucoup de cotisants n'utilisent jamais faute de connaître le dispositif.

Les formations financées peuvent être suivies en présentiel, à distance ou en formule mixte, à condition d'être dispensées par un organisme certifié Qualiopi et d'être en lien avec l'activité professionnelle du demandeur.

Qui peut en bénéficier ?

Trois conditions doivent être réunies simultanément.

  • Exercer une profession libérale en tant que travailleur indépendant non salarié, à titre individuel ou en société.
  • Relever d'un code NAF rattaché au FIF PL. C'est le critère déterminant, et non l'intitulé du métier. Deux professionnels aux activités proches peuvent relever de fonds différents selon leur code d'activité déclaré.
  • Être à jour de sa contribution à la formation professionnelle, versée à l'URSSAF. Le fonds vérifie ce point avant toute prise en charge, et l'ouverture des droits n'est pas automatique dès l'installation.

Le champ couvre un large éventail de professions libérales, réglementées comme non réglementées : consultants, formateurs et coachs indépendants, architectes, ainsi que de nombreuses professions de santé non médicales.

Qui relève d'un autre fonds ?

Plusieurs catégories de professionnels ne dépendent pas du FIF PL, et les orienter correctement fait gagner du temps à tout le monde.

  • Les salariés, y compris ceux employés par un professionnel libéral. Ils relèvent de l'OPCO de leur branche ou de leur CPF.
  • Les médecins libéraux, qui disposent de leur propre fonds d'assurance formation.
  • Les artisans inscrits au répertoire des métiers, qui relèvent du FAFCEA.
  • Les dirigeants non salariés du commerce et des services, qui relèvent de l'AGEFICE.

Le cas des micro-entrepreneurs mérite une attention particulière : leur rattachement dépend du code NAF déclaré. Certains cotisent bien au FIF PL, d'autres relèvent d'un fonds différent. Vérifiez avant d'engager une démarche.

Règle à connaître : le FIF PL n'intervient qu'en l'absence d'un autre financement mobilisable pour la même formation. Un professionnel cumulant une activité salariée et libérale doit par ailleurs justifier que la formation concerne bien son activité libérale.

Exemple concret : financement d'une formation par un professionnel libéral

Prenons le cas d'Élodie, architecte libérale. Elle souhaite suivre une formation de trois jours sur la transition énergétique dans la construction, dispensée par un organisme certifié Qualiopi. Voici les étapes, avec l'appui de son organisme de formation.

  1. Vérification du rattachement. Avant toute chose, Élodie vérifie que son code NAF relève bien du FIF PL et qu'elle est à jour de sa contribution formation. Sans cela, la demande sera rejetée quelle que soit la qualité du dossier.
  2. Vérification de l'éligibilité de la formation. L'organisme s'assure que le thème entre dans les critères de prise en charge de la section professionnelle dont relève Élodie, et qu'aucun autre financement n'est mobilisable.
  3. Dépôt de la demande. Élodie dépose sa demande depuis son espace personnel en ligne, en joignant le programme détaillé, le devis et les pièces demandées. La demande doit être faite dans les délais prévus par le fonds, généralement avant le démarrage de la formation.
  4. Instruction. Le fonds examine le dossier et vérifie le statut du demandeur ainsi que le versement effectif de sa contribution. Un dossier incomplet est mis en attente.
  5. Notification. Élodie reçoit une décision précisant le montant accordé. Ce montant dépend de sa section professionnelle et du plafond annuel qui lui est applicable, celui-ci pouvant être atteint si elle a déjà bénéficié d'une prise en charge dans l'année.
  6. Réalisation et règlement. Élodie suit la formation. Selon les modalités applicables, elle avance les frais et se fait rembourser sur justificatifs, ou l'organisme est réglé directement.
  7. Justification. L'organisme transmet les pièces attestant de la réalité de la formation, condition du déblocage des fonds.

Ce cas illustre le rôle de l'organisme de formation, qui doit fournir les éléments nécessaires au dossier et respecter ses obligations de suivi.

Comment un organisme de formation peut-il se préparer ?

Pour accompagner efficacement les professionnels libéraux, un organisme de formation gagne à maîtriser quelques réflexes.

  • Savoir orienter vers le bon fonds. Demandez le statut et le code NAF avant toute chose. Un libéral non salarié ne relève pas d'un OPCO, et cette confusion est la première cause d'abandon d'un projet de formation.
  • Vérifier la certification Qualiopi. Elle est obligatoire pour toute formation financée sur fonds mutualisés.
  • Informer clairement sur les pièces à fournir. Programme détaillé, devis, justificatif de versement de la contribution formation : plus le dossier est complet au dépôt, plus l'instruction est rapide.
  • Anticiper les délais de dépôt. Renvoyez systématiquement au règlement en vigueur du fonds plutôt qu'à une règle mémorisée : les modalités évoluent.
  • Ne jamais annoncer un montant. Les plafonds varient selon la section professionnelle et sont révisés régulièrement. Expliquez le principe de la prise en charge, et renvoyez au barème officiel pour le chiffre.
  • Utiliser un logiciel de gestion adapté. Un outil qui produit vos documents et centralise vos pièces justificatives vous évite de les reconstituer au moment où le fonds les réclame.

Les obligations de suivi et les pièces justificatives

Pour chaque professionnel bénéficiant d'une prise en charge, l'organisme de formation doit être en mesure de produire :

  • la convention ou le contrat de formation signé par le professionnel et l'organisme
  • le programme détaillé de la formation
  • les feuilles d'émargement signées par le stagiaire et le formateur
  • le certificat de réalisation
  • le cas échéant, le questionnaire de satisfaction

Ces éléments justifient la réalité de la formation et conditionnent le déblocage des fonds.

Produire ses justificatifs sans y revenir

Avec un logiciel comme Workbots, ces cinq pièces sortent du même endroit. Le contrat de formation et le programme détaillé sont générés à la création de la session, et le contrat part à la signature électronique. Les émargements sont signés en ligne, demi-journée par demi-journée, le formateur en dernier. Le certificat de réalisation et l'évaluation de satisfaction suivent en fin de parcours.

Chaque professionnel dispose par ailleurs de son propre dossier, où toutes ces pièces sont classées automatiquement. Quand le fonds réclame les justificatifs, vous ouvrez un dossier au lieu de fouiller dans vos mails.

Dernier conseil : les critères de prise en charge, les thèmes prioritaires et les plafonds sont propres à chaque section professionnelle et révisés régulièrement. Consultez systématiquement le site officiel du FIF PL avant d'informer un prospect, plutôt que de vous fier à une information relevée quelques mois plus tôt.

Questions fréquentes

MonFIFPL et FIFPL, quelle différence ?
Le MonFIFPL est le nom du fonds de formation lui-même, tandis que le FIFPL est l'OPCO (opérateur de compétences) qui le gère. On utilise souvent les deux termes de manière interchangeable, mais techniquement le FIFPL est l'organisme gestionnaire et le MonFIFPL est le fonds mutualisé.
Un professionnel libéral en auto-entreprise peut-il bénéficier du MonFIFPL ?
Oui, à condition d'exercer une profession libérale et d'être redevable de la contribution à la formation professionnelle (CFP). Les auto-entrepreneurs au régime micro doivent vérifier leur régime social et s'acquitter de la cotisation pour être éligibles.
Quel est le montant maximum pris en charge par le MonFIFPL ?
Le montant varie selon les professions et les priorités annuelles définies par l'OPCO FIFPL. Il n'existe pas de montant unique : il faut consulter le site du FIFPL ou le référentiel de prise en charge de l'année en cours. Les plafonds sont fixés par arrêté.
Comment un organisme de formation dépose-t-il une demande de prise en charge pour un apprenant libéral ?
L'organisme peut accompagner l'apprenant dans la constitution du dossier, mais la demande est généralement déposée par le professionnel lui-même sur son espace MonFIFPL. L'organisme fournit les pièces justificatives (programme, convention, etc.).
Un organisme de formation doit-il être référencé par le FIFPL pour financer des formations via MonFIFPL ?
Il n'est pas nécessaire d'être référencé sur une liste spécifique, mais l'organisme doit être déclaré auprès de la Dreets et être certifié Qualiopi pour pouvoir prétendre à des financements publics ou mutualisés. Le FIFPL vérifie cette certification lors de l'instruction.
Le MonFIFPL finance-t-il les formations à distance ?
Oui, les formations à distance (e-learning, classes virtuelles) sont éligibles, à condition qu'elles respectent les mêmes critères de qualité (Qualiopi, programme, suivi) et qu'elles soient en lien avec l'activité libérale. L'organisme doit pouvoir justifier de l'assiduité et de la réalisation effective.

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